Pinot, des pois et tant de re­grets

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Thi­baut Pinot, lea­deur de la FDJ DA­VID OPOCZYNSKI

SOUS LA PORTE du coffre du mo­no­space FDJ qui le pro­tège de la pluie, Thi­baut Pinot fris­sonne. Au­tour de lui, on s’af­faire pour qu’il en­file des vê­te­ments secs. Le lea­deur de la for­ma­tion fran­çaise ne sait pas en­core qu’il s’est em­pa­ré de la pre­mière place du clas­se­ment du meilleur grim­peur. Il ne songe qu’à son échec du jour. Pré­sent dans la bonne échap­pée, il est al­lé cher­cher un à un les at­ta­quants.

« J’ai gas­pillé beau­coup d’éner­gie dans la val­lée, car je sa­vais qu’une fois qu’un cou­reur pren­drait trente se­condes ce se­rait fi­ni. Et Du­mou- lin a pris trente se­condes… » Du coup, sa frustration est grande. « J’ai es­sayé, mais, comme d’ha­bi­tude, je n’avais pas de jambes, souffle-t-il. Je ne sais pas si j’ai fait une frin­gale ou quoi. J’ai don­né le maxi­mum et voi­là… Je suis dé­çu en­core une fois. »

On lui parle du maillot à pois. Il sou­pire en­core : « L’im­por­tant, c’était de ga­gner. C’est une oc­ca­sion de lou­pée. » Et puis, la nou­velle ar­rive : pour trois points, Pinot s’em­pare de la tu­nique à pois rouges. Ce­la suf­fit pour- tant à peine à le ré­chauf­fer. « Avant de pen­ser au maillot à pois, je vou­lais vrai­ment la vic­toire d’étape pour pas­ser à autre chose, ex­pli­quet-il. Ça au­rait fait du bien à l’équipe. Mais je suis quand même content de l’avoir, c’est im­por­tant, c’est un maillot qui me fait rê­ver. »

Dans une for­ma­tion qui a per­du deux élé­ments sur aban­dons (La­da­gnous et Pi­neau), ce titre de meilleur grim­peur peut de­ve­nir un bel ob­jec­tif pour Pinot. « Bien sûr, mais le maillot à pois rime avec vic­toire d’étape, ré­torque-t-il. Il a tou­jours été as­so­cié à des raids, des nu­mé­ros. Alors, oui, la course n’est pas fi­nie, mais, des oc­ca­sions, sur le Tour, il n’y en a pas mille… »

La pluie a ces­sé. Pinot file au pro­to­cole. On lui sug­gère que, mal­gré tout, sa pres­ta­tion en An­dorre est d’un autre ni­veau que ses dés­illu­sions des deux jours pré­cé­dents. « Non, ça ne va pas mieux, lâche-til. Parce qu’au fi­nal une jour­née comme ça, avec mon ni­veau ha­bi­tuel, j’au­rais pu jouer la gagne. Et, là, j’en étais loin. »

« La course n'est pas fi­nie mais, des oc­ca­sions, sur le Tour, il n'y en a pas mille... »

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