Avan­tage Froome mais…

Aujourd'hui en France - - SPORTS - An­dorre Ar­ca­lis (An­dorre) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux LIO­NEL CHAMI

L’AR­RI­VÉE AU SOM­MET d’An­dorre Ar­ca­lis n’a pas fait avan­cer d’un boyau le match entre les fa­vo­ris. D’abord as­som­mée par la ca­ni­cule, puis cin­glée par la grêle dans les der­niers ki­lo­mètres d’as­cen­sion, la der­nière étape des Py­ré­nées a conduit au sta­tu quo. Tout juste a-t-elle été fa­tale à Al­ber­to Con­ta­dor, qui a aban­don­né à 100 km du but, dé­jà hors du jeu et trop di­mi­nué par les consé­quences de ses chutes dans les deux pre­mières étapes.

« Pour moi, c’est un sou­ci en moins, a dé­cla­ré Ch­ris Froome. On n’au­ra pas à se sou­cier des at­taques qu’il peut lan­cer à 100 km de l’ar­ri­vée. Mais c’est une perte pour le Tour, la course au­rait été plus ex­ci­tante avec lui. » Alors que le pe­lo­ton jouit d’une pre­mière jour­née de re­pos, c’est l’oc­ca­sion d’un bi­lan au pre­mier tiers du par­cours.

Froome a-t-il la si­tua­tion si bien en main ?

Le Bri­tan­nique peut se fé­li­ci­ter du bon coup qu’il a réa­li­sé en so­lo dans la des­cente de Pey­re­sourde sa­me­di et des 13 se­condes qu’il a gla­nées à cette oc­ca­sion sur son concur­rent n° 1, Nai­ro Quin­ta­na. Au sor­tir des Py­ré­nées, le Ké­nyan blanc ne de­vance le Co­lom­bien que de 23’’ au gé­né­ral. Au­tant dire rien, sur­tout au re­gard de la marge qua­si dé­fi­ni­tive qu’il avait prise à la pre­mière ar­ri­vée au som­met l’an der­nier — près d’une mi­nute sur Quin­ta­na. « Je suis sa­tis­fait même s’il au­rait été bien de prendre un peu plus de temps, as­sure Froome qui, hier, est pas­sé à l’of­fen­sive dans les der­niers ki­lo­mètres mal­gré le dé­luge mais sans ré­sul­tat. Je vou­lais ga­gner en­core du temps, at­ta­quer Quin­ta­na et dé­fendre en même temps mon maillot. Mais ils étaient tous sys­té­ma­ti­que­ment là pour bou­cher les trous. »

Et si, fi­na­le­ment, Froome n’était pas si confiant que ça dans sa ca­pa­ci­té à battre Quin­ta­na à la pé­dale cette an­née. Ce qui ex­pli­que­rait son en­tre­prise in­édite de sa­me­di… « J’ai dé­jà dit avant le Tour que ce se­rait la plus grosse ba­taille de ma car­rière et c’est vrai­ment le cas, dit le double vain­queur (2013 et 2015). Ce n’est pas fa­cile de contrô­ler tout le monde, le ni­veau est plus éle­vé que les an­nées pré­cé­dentes. »

Com­ment ex­pli­quer la pas­si­vi­té de Quin­ta­na ?

Le lea­deur de l’équipe Mo­vis­tar n’a pas pris la moindre ini­tia­tive jus­qu’ici, ce qui ne manque pas de sus­ci­ter l’éton­ne­ment, voire un peu d’aga­ce­ment. « Jus­qu’au der­nier ki­lo­mètre, je m’at­ten­dais à ce que Quin­ta­na at­taque, avouait Froome hier. Je pen­sais qu’il gar­dait de l’éner­gie pour pas­ser à l’of­fen­sive mais il ne l’a pas fait. Il est res­té dans ma roue, to­ta­le­ment col­lé. Je pré­fère croire qu’il était à la limite… » Même ana­lyse chez Nicolas Por­tal, di­rec­teur spor­tif de Sky : « On pen­sait qu’il se­rait plus of­fen­sif… » Laurent Ja­la­bert, consul­tant France Té­lé­vi­sions, avoue ne tou­jours pas sa­voir « ce que vaut Quin­ta­na sur ce Tour »… A l’évi­dence, le pe­tit grim­peur ne va pas trop mal pour s’être joué de tous les pièges de la pre­mière se­maine et faire face au sur­nombre créé par Froome et de ses équi­piers. Sans doute le dé­luge a-t-il dou­ché hier les vel­léi­tés of­fen­sives de Quin­ta­na, d’un na­tu­rel pru­dent et at­ten­tiste.

Ce der­nier dis­pose en­core du Ven­toux mer­cre­di et des Alpes pour trou­ver l’ou­ver­ture. Peut-être s’y en­gouf­fre­ra-t-il. Peut-être…

An­dorre Ar­ca­lis, hier. Dans la der­nière as­cen­sion, Ch­ris Froome (à g.) a lan­cé quelques at­taques mais Nai­ro Quin­ta­na (au se­cond plan) est tou­jours res­té dans sa roue. Au sor­tir des Py­ré­nées, le cou­reur bri­tan­nique, Maillot jaune, ne compte que 23’’ au gé­né­ral de­vant le Co­lom­bien.

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