Dis­co, élec­tro… Un monstre sa­cré

CONCERT. On connaît ses mu­siques par coeur, de « Love to Love You Ba­by » de Don­na Sum­mer à la BO de « Mid­night Express »… Gior­gio Mo­ro­der, idole des Daft Punk, est ce soir à l’Olympia.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Gior­gio Mo­ro­der, mu­si­cien EM­MA­NUEL MAROLLE

« I FEEL LOVE » et « Love to Love You Ba­by », c’est lui. La bande ori­gi­nale de « Mid­night Express » ou de « Fla­sh­dance » aus­si. Il n’est pas chan­teur. Pour­tant, c’est la voix de Gior­gio Mo­ro­der qui nous frappe d’em­blée : lente, grave, pro­fonde. Elle a fait le tour du monde il y a trois ans grâce à Daft Punk. Sur leur der­nier al­bum, les deux Fran­çais ont ren­du hom­mage à l’un de leur men­tor grâce à « Gior­gio by Mo­ro­der », in­croyable mor­ceau de neuf mi­nutes où le mu­si­cien, au­jourd’hui âgé de 76 ans, en concert ce soir à l’Olympia, se ra­con­tait en an­glais : de ses pre­mières ten­ta­tives à la gui­tare à 15-16 ans jus­qu’à son en­vie de créer « la mu­sique du futur » avec des syn­thé­ti­seurs qu’il a été par­mi les pre­miers à uti­li­ser. « Daft Punk et moi étions à Pa­ris. Ils vou­laient que l’on en­re­gistre en­semble. Je pen­sais que j’al­lais jouer du cla­vier. En fait, ils m’ont in­ter­viewé pen­dant des heures et ont uti­li­sé ma voix sur la chan­son. »

Pas éton­nant de la part du duo pa­ri­sien pour qui Mo­ro­der est une ré­fé­rence. « Il a tou­jours re­pous­sé les li­mites de la tech­no­lo­gie, nous ex­pli­quait il y a trois ans Thomas Ban­gal­ter de Daft Punk. Il a fait par­tie de ceux qui ont in­ven­té la mu­sique élec­tro­nique, qui ont dé­truit les bar­rières de la créa­tion mu­si­cale. »

Pour­tant, Gior­gio Mo­ro­der est par­ti de loin, du fin fond de l’Ita­lie, avant d’al­ler vivre en Al­le­magne com­po­ser de la va­rié­té lo­cale puis s’es­sayer aux syn­thé­ti­seurs et po­ser les bases du dis­co, no­tam­ment avec Don­na Sum­mer, dis­pa­rue en 2012. « On a fait six al­bums, une cen­taine de chan­sons en­semble dont bien sûr Love to Love You Ba­by en 1975 qui du­rait seize mi­nutes. Je vou­lais faire une chan­son sexy à la ma­nière de Je t’aime, moi non plus de Gains­bourg. J’ai dit à Don­na : es­saie de trou­ver un re­frain un peu chaud. Et elle est ve­nue avec ce fa­meux gé­mis­se­ment lan­gou­reux : « Haaaan, love to love you ba­by ». C’était une blague, une pro­vo­ca­tion. La BBC ne vou­lait pas la pas­ser… c’est de­ve­nu notre pre­mier tube en­semble. »

C’est aus­si grâce à son égé­rie que Mo­ro­der signe la bande ori­gi­nale du my­thique film « Mid­night Express » en 1978 qui lui vau­dra un Os­car. « Le réa­li­sa­teur Alan Par­ker avait beau­coup ai­mé I Feel Love de Don­na Sum­mer et vou­lait une chan­son de ce genre pour une sé­quence où son hé­ros court. C’est de­ve­nu le thème mu­si­cal prin­ci­pal du film. »

Au­tant de tré­sors qui font de Mo­ro­der un monstre sa­cré pour beau­coup de mu­si­ciens. « Quand je croise Da­vid Guet­ta, Phar­rell Williams ou Avi­cii, ils sont tou­jours im­pres­sion­nés. C’est trou­blant. » Sa collaboration avec Daft Punk, en 2013, lui a per­mis d’en­re­gis­trer un nou­vel al­bum, « Dé­jà vu », sor­ti l’an­née der­nière, le pre­mier de­puis dix ans, avec une pléiade d’in­vi­tés qui lui ont dit oui tout de suite : de Ky­lie Mi­nogue à Sia ou Brit­ney Spears. On en avait presque ou­blié qu’avant tout ça, loin du dis­co, Mo­ro­der avait col­la­bo­ré avec… France Gall, Mi­reille Ma­thieu et John­ny Hal­ly­day. « J’ai été gui­ta­riste pour John­ny dans les an­nées 1960. On avait fait une tour­née sur la Côte d’Azur. Et j’ai fait quelques chan­sons pour Mi­reille. Quelle voix ! Elle chante tou­jours ? »

« Quand je croise Da­vid Guet­ta, Phar­rell Williams ou Avi­cii, ils sont tou­jours im­pres­sion­nés. C’est trou­blant. »

@ema­rolle Gior­gio Mo­ro­der en concert ce soir à Pa­ris à l’Olympia. Der­nier al­bum « Dé­jà vu », Co­lum­bia, 15,84

Pro­duc­teur, com­po­si­teur, gui­ta­riste, disc-jo­ckey, Gior­gio Mo­ro­der est un ar­tiste aux mul­tiples ta­lents et créa­teur de tubes de­puis les an­nées 1970.

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