A droite, il fas­cine et agace

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un an­cien mi­nistre OLI­VIER BEAU­MONT P.TH.

L’image n’a échap­pé à per­sonne : un bref tête-à-tête entre Ni­co­las Sar­ko­zy et Emmanuel Macron jeu­di der­nier, en marge de l’hom­mage ren­du à Mi­chel Ro­card aux In­va­lides. Que se sont-ils dits ? Mys­tère. Mais, chez les Ré­pu­bli­cains, la scène a été abon­dam­ment com­men­tée. « Peu­têtre que Macron lui a de­man­dé comment on fait pour prendre une carte du par­ti ? » iro­nise un sé­na­teur sar­ko­zyste qui, pas­sée la blague, n’est pas très em­bal­lé par l’hy­po­thèse. Car, au sein de l’op­po­si­tion, par­ta­gée entre fas­ci­na­tion et ré­pul­sion, les avis di­vergent sur le mi­nistre de l’Eco­no­mie. « C’est un per­son­nage com­plè­te­ment aty­pique, il casse tous les codes. La fa­çon dont il se joue de Hol­lande et Valls le ren­drait presque sym­pa­thique. Il a TOUT SOU­RIRE et vê­tus d’im­pec­cables tee-shirts si­glés En marche, Syd­ney et Bri­gitte Hat­well prennent fiè­re­ment la pose. Une pho­to tout droit sor­tie d’une banque d’images pour par­ti en manque de mi­li­tants mo­dèles ? Non ! Voi­là trois mois que ce couple de sexa­gé­naires ar­pente les trois « quar­tiers test » de Tours (Indre-et-Loire) pour le grand por­teà-porte d’En marche. Ob­jec­tif : ai­der Emmanuel Macron à réa­li­ser son « diag­nos­tic » sur l’état du pays et les at­tentes des Fran­çais, par le biais d’un ques­tion­naire sou­mis à un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion fran­çaise. Leur mission ? Avoir ré­col­té 250 té­moi­gnages d’ici à la fin du mois. « On doit en être à 120, 150. On va y ar­ri­ver ! » ex­plique Syd­ney à notre jour­nal. C e mé d e c i n d e p r o f e s s i o n n’avait ja­mais mi­li­té avant, comme son épouse, ex-cadre d’une com­pa- même car­ré­ment rin­gar­di­sé Bru­no Le Maire sur le cré­neau du re­nou­veau », dé­crypte un an­cien mi­nistre. Un ar­gu­ment qui hor­ri­pile les par­ti­sans du dé­pu­té de l’Eure : « Macron a l’air sym­pa. Il est jeune, beau et in­tel­li­gent. Mais, der­rière cette fa­çade, je vois sur­tout quel­qu’un de très su­per­fi­ciel et très am­bi­gu, ré­torque le dé­pu­té le­mai­riste Alain Chré­tien. Que re­tien­dra-t-on de son ac­tion à Ber­cy ? Rien ! » D’autres, à droite, raillent le choix de la date du 12 juillet pour te­nir son mee­ting à la Mu­tua­li­té. « On dit que c’est le cham­pion de la com­mu­ni­ca­tion. Mais faire ça deux jours après l’Eu­ro, juste avant le 14 Juillet, et alors qu’une par­tie des gnie aé­rienne. Sym­pa­thi­sants de la « gauche li­bé­rale, ten­dance Ro­card, puis Jos­pin », ils se sont dé­tour­nés des urnes après la cam­pagne de Sé­go­lène Royal en 2007. Mais Macron leur a ta­pé dans l’oeil. Ils ont donc si­gné pour « la grande marche ».

« Ce n’est pas for­cé­ment évident. Nous ne sommes pas tel­le­ment for­més pour ça, confie Syd­ney. Comme mé­de­cin, j’ai plus l’ha­bi­tude qu’on m’ap­pelle que de son­ner aux portes… » Dé­sor­mais, il lui ar­rive même de se faire écon­duire. Voire, cla­quer la porte au nez ! Son ren­de­ment ? « Un ques­tion­naire rem­pli pour 15 à 20 coups de son­nette. » Fran­çais a dé­jà la tête aux va­cances, ce n’est tout de même pas très ma­lin », tacle l’en­tou­rage de Ni­co­las Sar­ko­zy. Quant à JeanF­ran­çois Co­pé, il ne veut pas en en­tendre par­ler. « Pour les mé­dias, c’est le client idéal. Il parle bien, il pré­sente bien. Avec lui, tout pa­raît su­per fa­cile, s’agace le can­di­dat à la pri­maire de droite. Sauf que la po­li­tique, ce n’est pas que du slo­gan. C’est se co­gner au réel, gé­rer une ad­mi­nis­tra­tion ter­ri­to­riale, se confron­ter à la pré­ca­ri­té des gens. Tout ce que Macron ne fait pas. »

« Il a même car­ré­ment rin­gar­di­sé Bru­no Le Maire sur le cré­neau du re­nou­veau »

La start-up Lie­gey Mul­ler Pons, spé­cia­li­sée en stra­té­gie élec­to­rale et mis­sion­née par En marche pour or­ga­ni­ser le porte-à-porte, a tout pré­vu pour leur fa­ci­li­ter la tâche. « Nous avons une ap­pli­ca­tion avec la feuille de route. Elle nous per­met aus­si de té­lé­trans­mettre les ques­tion­naires au siège », rap­porte Syd­ney. Le mi­li­tant re­con­naît avoir sou­vent droit aux mêmes ré­ponses. Le sys­tème de pro­tec­tion so­ciale, pour ce qui fonc­tionne. L’as­sis­ta­nat, les freins à la créa­tion d’en­tre­prises et le cu­mul des man­dats, pour ce qui ir­rite. Se voit-il conti­nuer lors de l a c a mpa g n e p r é s i d e n t i e l l e ? « J’ai­me­rais bien, mais je ne suis pas sûr que ce­la soit pos­sible. La pré­si­den­tielle, c’est dans peu de temps », ad­met l’ap­pren­ti mi­li­tant, qui re­garde plu­tôt du cô­té des lé­gis­la­tives : « On peut es­sayer de dé­cro­cher un maxi­mum de dé­pu­tés. »

Sou­vent les mêmes do­léances : les freins à la créa­tion d’en­tre­prises, le cu­mul des man­dats...

Syd­ney et Bri­gitte Hat­well ar­pentent de­puis trois mois un quar­tiers de Tours (Indre-et-Loire) pour le grand porte-à-porte d’En marche. Ils doivent ré­col­ter 250 té­moi­gnages qui per­met­tront à Macron de réa­li­ser son « diag­nos­tic » sur l’état du pays.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.