En­fin un guide de la médecine es­thé­tique

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Linh Pham, créa­trice du site In­ter­net CH­RIS­TINE MATEUS

DES CHE­VILLES que vous ju­gez trop épaisses ? Un nez que vous trou­vez dis­gra­cieux ? Cette fois, c’est dé­ci­dé, vous pas­sez l’étape de l’in­ter­ven­tion es­thé­tique pour faire dis­pa­raître cette part de vous-même qui vous com­plexe. Qua­torze pour cent des Fran­çaises y sont dé­jà pas­sées (elles re­pré­sentent 9 actes sur 10, soit en­vi­ron plus de 520 000 par an).

Un nou­veau site grand pu­blic per­met d’y voir plus clair sur la ques­tion. Il re­cense pour l’heure une tren­taine d’in­ter­ven­tions (du blan­chi­ment des dents aux oreilles dé­col­lées en pas­sant par les ta­touages in­dé­si­rables). Son nom : le Jour­nal de mon corps*. Ici, pas de jar­gon mé­di­cal : la vul­ga­ri­sa­tion y est le maître mot et tous les écrits sont sou­mis, avant d’être va­li­dés, à un co­mi­té scien­ti­fique com­po­sé de mé­de­cins is­sus des dif­fé­rentes spé­cia­li­tés abor­dées.

Der­rière ce site, il y a une jour­na­liste spé­cia­li­sée, Linh Pham, tra­vaillant sur ces su­jets de­puis vingt ans. « Ces in­ter­ven­tions touchent un nombre gran­dis­sant de pa­tients, ex­plique-t-elle. On as­siste de­puis trois ans à une ac­cé­lé­ra­tion des tech­niques de médecine es­thé­ti- que qui sont en passe de rem­pla­cer cer­tains actes de chi­rur­gie. Les gens ayant tou­jours peur du bis­tou­ri, par­fois à tort, ce­la aug­mente en­core le nombre d’actes. »

En 2015, se­lon les chiffres de la So­cié­té fran­çaise des chi­rur­giens es­thé­tiques plas­ti­ciens (Sof­cep), le mar­ché de l’es­thé­tique a fait un bond en France et en Eu­rope de 18 %. Si la chi­rur­gie es­thé­tique pour­suit son bon­homme de che­min (en aug­men­ta­tion de 10 %), les actes non in­va­sifs (comme le la­ser pour cor­ri­ger les rides) ont ex­plo­sé de 35 %. « En ce mo­ment, il y a un grand in­té­rêt pour les fils ten­seurs et la cryo­li­po­lyse », constate Linh Pham. Les fils ten­seurs per­mettent de faire un lif­ting sans chi­rur­gie. Ré­sor­bables comme les fils de su­ture, ils sont pro­gres­si­ve­ment « di­gé­rés » par l’or­ga­nisme, pro­vo­quant une ré­ac­tion in­flam­ma­toire qui sti­mu­le­rait la pro­duc­tion de col­la­gène. A la clé, une re­den­si­fi­ca­tion de la peau. Quant à la cryo­li­po­lyse, cette tech­nique al­lie le froid au mas­sage, agis­sant lo­ca­le­ment sur le ventre ou les poi­gnées d’amour.

« Tout ce qui touche à la peau, aux rides, à la min­ceur, ça marche, sou­ligne Linh Pham. Les seins aus­si sont une grande pré­oc­cu­pa­tion, et toutes les ca­té­go­ries so­ciales viennent se ren­sei­gner. »

La jour­na­liste constate que les « gens se sentent un peu per­dus » face à la mul­ti­pli­ci­té de ces nou­velles tech­niques non chi­rur­gi­cales. « Je sen­tais qu’il y avait un be­soin d’in­for­ma­tion pré­cise », ex­plique-t-elle. D’où la créa­tion de ce site qui se pi­core comme un ma­ga­zine féminin. Prix, contre-in­di­ca­tions, dé­tails de l’in­ter­ven­tion, adresses… tout y est.

« Les gens ont tou­jours peur du bis­tou­ri, par­fois à tort »

* http://le­jour­nal­de­mon­corps.fr.

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