Les ho­mo­sexuels aus­si peuvent don­ner leur sang

DÉ­CRET. C’est ef­fec­tif de­puis hier et, mal­gré des condi­tions très res­tric­tives, on es­time que 20 000 per­sonnes pour­raient être concer­nées.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Co­line Mey, de l’as­so­cia­tion Aides CLAU­DINE PROUST

LA PRO­MESSE de 2012 n’en est plus une. Le dé­cret le­vant une in­ter­dic­tion vieille de trente ans est pa­ru. De­puis hier, les ho­mo­sexuels peuvent aus­si don­ner leur sang, comme tout le monde. En­fin presque.

Le nou­veau cadre lé­gal abo­lit ef­fec­ti­ve­ment une in­ter­dic­tion de don per­ma­nente qui s’im­po­sait, de­puis 1983, aux hommes ayant des re­la­tions avec d’autres hommes (HSH), sur le seul cri­tère de leur orien­ta­tion sexuelle. Le ques­tion­naire de l’Eta­blis­se­ment fran­çais du sang, au­quel tout don­neur éven­tuel doit se sou­mettre, a été re­vu de fond en comble pour tra­quer toutes les contre-in­di­ca­tions. Par exemple, une ex­po­si­tion à une conta­mi­na­tion après un voyage à l’étran­ger. C’est le cas pour les zones in­fec­tées par le vi­rus Zi­ka ac­tuel­le­ment. Mais il peut aus­si s’agir d’une séance de ta­touage, source pos­sible de conta­mi­na­tion par la peau. Pour être éli­gible à cet acte de gé­né­ro­si­té qu’est le don du sang, les hommes ayant des re­la­tions avec des hommes doivent pour leur part ne pas en avoir eu pen­dant… une an­née en­tière, re­la­tion stable ou pas. S’ils sou­haitent don­ner leur plas­ma (mis en qua­ran­taine deux mois par l’EFS), ce se­ra en re­vanche comme pour toute per­sonne, homme ou femme, ayant plu­sieurs par­te­naires : il faut pou­voir faire état de quatre mois d’abs­ti­nence.

Trop res­tric­tif ? Ces dé­lais ont été éta­blis en s’ap­puyant sur l’état ac­tuel de la re­cherche et peuvent évo­luer, sou­ligne Co­line Mey, en charge des nou­velles stra­té­gies de san­té à l’as­so­cia­tion Aides, qui rap­pelle : « Don­ner son sang n’est pas un droit. Per­sonne n’a ou­blié l’af­faire du sang conta­mi­né. La prio­ri­té, la base, quand on sé­lec­tionne les don­neurs, est d’as­su­rer la sé­cu­ri­té au re­ce­veur. Et l’on est bien obli­gé de te­nir compte du fait que les HSH sont la po­pu­la­tion la plus ex­po­sée au risque d’une épi­dé­mie tou­jours ac­tive, contre la­quelle nous nous bat­tons. »

En pleine pé­riode es­ti­vale — creuse — et alors que l’Eta­blis­se­ment fran­çais du sang bat le rap­pel jusque près des plages, on es­time que le nou­veau dé­cret pour­rait per­mettre à 20 000 per­sonnes sup­plé­men­taires de faire cet acte ci­toyen.

« La prio­ri­té est d’as­su­rer la sé­cu­ri­té au re­ce­veur »

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