Avec des bleus à l’âme

FOOT­BALL. Hier, les Bleus n’avaient tou­jours pas di­gé­ré la dé­faite en fi­nale de leur Eu­ro face au Por­tu­gal (1-0). Re­tour sur les der­nières heures d’une aven­ture col­lec­tive com­men­cée mi-mai.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Un membre du staff RO­NAN FOLGOAS AVEC AVA DJAMSHIDI ET JU­LIEN LAU­RENS

CE 10 JUILLET au­rait pu chan­ger leur vie. Il a sur­tout plom­bé la fin de leur belle aven­ture. De­puis le re­tour aux ves­tiaires, di­manche soir au Stade de France, jus­qu’à leur vi­site au pa­lais de l’Ely­sée hier mi­di, les hommes de Des­champs ont en ef­fet tra­ver­sé leurs der­nières heures en­semble avec tristesse, re­grets… et quelques sou­rires.

Les douze coups de mi­nuit ont dé­jà son­né à la ba­si­lique voi­sine de Saint-De­nis. Le ves­tiaire des Bleus res­semble à un champ de ruines. L’équipe de France vient d’y aban­don­ner ses rêves de gloire. Les joueurs sont abat­tus, sous le choc d’une dé­faite qu’ils es­timent in­juste. Ch­ris­tophe Jal­let, qui n’a pas joué une mi­nute du­rant cet Eu­ro, était dé­jà en pleurs sur la pe­louse lors de la re­mise du tro­phée aux Por­tu­gais. Une de­mi-heure plus tard, il est tou­jours in­con­so­lable. As­sis entre Ca­baye et Sis­so­ko, Ma­tui­di craque lui aus­si. elles aus­si. A l’ar­ri­vée de la dé­lé­ga­tion fran­çaise vers 2 h 30 du ma­tin, l’am­biance est lourde. « Ce­la res­sem­blait à une veillée mor­tuaire, confie l’un des par­ti­ci­pants. Il n’y avait pas de mu­sique et on chu­cho­tait plus qu’on ne par­lait. »

Paul Pog­ba em­brasse sa mère, Yeo, et d’autres pa­rents de joueurs. La nuit est très courte, le som­meil qua­si­ment im­pos­sible à trou­ver avec l’image de la frappe d’Eder qui re­vient comme une idée fixe. Cer­tains joueurs se re­trouvent au pe­tit-dé­jeu­ner, d’autres res­tent au lit avec leurs com­pagnes.

Le dé­part pour l’Ely­sée est pré­vu à 12 h 30. En at­ten­dant, Adil Ra­mi vient sa­luer la cen­taine de sup­por­teurs pré­sents. Il pas­se­ra un bon quart d’heure à faire des sel­fies. A l’heure dite, un convoi d’une ving­taine de vé­hi­cules s’ébroue dans les rues de la ca­pi­tale. Ar­ri­vée dans la cour d’hon­neur de l’Ely­sée, l’équipe de France, en cos­tume bleu nuit (mais sans cra­vate), foule le ta­pis rouge dé­rou­lé plus tôt dans la ma­ti­née en l’hon­neur de Ja­cob Zu­ma, le pré­sident sud-afri­cain. Sur le per­ron, Fran­çois Hol­lande sa­lue un par un les hommes de Di­dier Des­champs. La scène est fil­mée et phot ogra­phiée par une cin­quan­taine de ca­mé­ras et d’ob­jec­tifs. Laurent Kos­ciel­ny, ori­gi­naire de Tulle, le fief cor­ré­zien de Hol­lande, a même droit à la bise pré­si­den­tielle.

Une fois pas­sé cô­té jar­din, les Bleus re­trouvent leurs fa­milles ain­si que le staff tech­nique. Le chef de l’Etat prend la pa­role une di­zaine de mi­nutes pour rendre hom­mage à ses hôtes. « Grâce à vos ex­ploits, vous avez ras­sem­blé les Fran­çais », ap­puie Fran­çois Hol­lande après avoir fait ré­fé­rence aux at­ten­tats du 13 no­vembre 2015. Il leur té­moigne la « gra­ti­tude de la France et des Fran­çais. ». Puis conclut d’un « bon ap­pé­tit » qui donne le coup d’en­voi d’un buf­fet en p l a c e me n t libre, au­quel par­ti­cipent le P r e mie r mi­ni s t r e Ma­nuel Valls et trois autres membres du gou­ver­ne­ment : le mi­nistre des Sports Pa­trick Kan­ner, le se­cré­taire d’Etat Thier­ry Braillard et Sé­go­lène Royal, mi­nistre de l’En­vi­ron­ne­ment.

Fran­çois Hol­lande dis­cute avec le ca­pi­taine Hu­go Llo­ris et… Laurent Kos­ciel­ny. De leur cô­té, Thier­ry Braillard et Ma­nuel Valls ba­vardent avec Sa­muel Um­ti­ti. Le se­cré­taire d’Etat et le dé­fen­seur cen­tral sont ori­gi­naires du même quar­tier, à Lyon. Et la sai­son pro­chaine, Um­ti­ti s’ap­prête à en­dos­ser le maillot du Bar­ça, l’équipe de coeur du Pre­mier mi­nistre. Le pas­sage des Bleus à l’Ely­sée s’achève par une vi­site du bu­reau pré­si­den­tiel. « Fran­çois Hol­lande a été très bon dans son rôle, souffle l’un des vi­si­teurs. Très à l’aise avec tout le monde, il a su trou­ver les mots pour nous faire ou­blier, un pe­tit peu, la dé­cep­tion. »

Les va­cances des Bleus peuvent main­te­nant com­men­cer. « On va par­tir loin, loin de l’Eu­rope », sou­rit Adil Ra­mi, à la sor­tie de l’Ely­sée. Cer­tains Bleus ont d’ailleurs choi­si une des­ti­na­tion com­mune, Mia­mi, en Flo­ride.

« Fran­çois Hol­lande a su trou­ver les mots pour nous faire ou­blier, un pe­tit peu, la dé­cep­tion »

L’Ely­sée (Pa­ris), hier. Re­çus au len­de­main de leur fi­nale mal­heu­reuse contre le Por­tu­gal (1-0), les Bleus (Griez­mann, Man­dan­da, Payet et Sis­so­ko au pre­mier plan) ont pris la pose avec Fran­çois Hol­lande sur le per­ron du pa­lais pré­si­den­tiel.

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