Re­con­quête mode d’em­ploi

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - C.P.

En short, si je veux. Fin juin, à Tou­lon, une cen­taine d’hommes et de femmes ont dé­fi­lé pan­cartes à la main pour ré­pondre à l’ap­pel Fa­ce­book de Maude. La Tou­lon­naise de 18 ans s’était fait ver­ba­le­ment agres­ser (par des femmes en l’oc­cur­rence) qui cri­ti­quaient son mi­ni-short es­ti­val. La scène s’est pas­sée dans un bus, ce qui, se­lon la so­cio­logue Isa­belle Clair, n’a rien d’ano­din. Le fait de se dé­pla­cer, tout comme le vê­te­ment, est in­si­dieu­se­ment as­so­ciée à l’ab­sence — sup­po­sée — de ver­tu. Pa­trouilles de re­pé­rage. 2014, au sein d’une ex­pé­ri­men­ta­tion na­tio­nale co­or­don­née par France Mé­dia­tion, une ving­taine de villes ont ain­si lan­cé des marches ex­plo­ra­toires, que prône no­tam­ment l’as­so­cia­tion in­ter­na­tio­nale Wo­me­na­bi­li­ty. Pour rendre la rue aux femmes, en ren­for­çant la sé­cu­ri­té de l’es­pace pu­blic trop axé sur un usage mas­cu­lin, il faut qu’elles par­ti­cipent au diag­nos­tic et pointent les lieux à risque (dé­serts, mal éclai­rés…). Non au couvre-feu. Un ac­cès égal à l’es­pace pu­blic, c’est aus­si pou­voir en jouir dans le temps, sans s’in­ter­dire la nuit. Donc ren­trer tard le soir après avoir fait la fête, comme un homme et sans trem­bler à l’idée de se faire em­bê­ter… ou pire. Après l’avoir tes­té pen­dant six mois, le ré­seau de tran­sports en com­mun de l’ag­glo­mé­ra­tion nan­taise a re­con­duit l’ar­rêt à la de­mande sur l’en­semble de ses bus de nuit, qu’uti­lisent quelque 35 000 per­sonnes le sa­me­di soir. Le prin­cipe ? Pou­voir des­cendre entre deux ar­rêts pour évi­ter un trop long tra­jet à pied dans une rue pas for­cé­ment bien éclai­rée. De­puis

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