Aux Quatre-Che­mins, une si­tua­tion « in­to­lé­rable »

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Un coif­feur du quar­tier

Des per­ruques de femmes ac­cro­chées au mur, comme des tro­phées de chasse. Ici, au Pas si loin, ou­vert il y a quatre mois aux Qua­treC­he­mins, un quar­tier po­pu­laire de Pan­tin (Seine-Saint-De­nis), les clientes ont pris le pou­voir. « Dans le coin, il n’y avait pas un seul en­droit pour nous », glisse Ju­lia, la pe­tite qua­ran­taine dy­na­mique, en proie au même sen­ti­ment de re­jet que les femmes de Villiers-le-Bel (lire ci-des­sus). Voi­là pour­quoi la jeune ma­man et d’autres ha­bi­tants du quar­tier ont de­man­dé un lo­cal à la mai­rie so­cia­liste de Pan­tin. Pour y créer leur re­fuge, un ca­fé as­so­cia­tif pour se sen­tir à l’aise. Car ici, aux Quatre-Che­mins, l’am­biance est là aus­si étran­ge­ment… mas­cu­line. Dans la rue Ber­thier où est im­plan­té le ca­fé re­fuge, une ving­taine d’hommes pa­tientent sur la pla­cette. Pas une femme à l’ho­ri­zon. Plus loin, sur l’ave­nue, le coif­feur avoue que plus au­cune cliente n’ose pous­ser sa porte après 15 heures « car quand elles sortent, elles se font agres­ser, ver­ba­le­ment du moins ». « C’est par­fois pe­sant », re­con­naît Ju­lia, ac­cou­dée au bar du Pas si loin. Même si elle ne sou­haite pas de­ve­nir « pa­ra­no », la jeune femme choi­sit stra­té­gi­que­ment ses vê­te­ments chaque ma­tin. « Si­non, on ne fait pas cinq mètres sans se prendre des ré­flexions… » « Ici, c’est dur d’être une femme », cingle amè­re­ment un client. A la mai­rie, on est conscient de cette si­tua­tion « in­to­lé­rable ». De­puis 2011 et le Prin­temps arabe, des cen­taines d’hommes seuls ont dé­bar­qué de Tu­ni­sie et se sont ins­tal­lés dans des

« Quand elles sortent, elles se font agres­ser »

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