At­ten­tats de Pa­ris : le com­man­di­taire iden­ti­fié

13 NO­VEMBRE. Le pa­tron de la DGSE a confié en mai, à la com­mis­sion d’en­quête, que les es­pions fran­çais connais­saient le nom du cer­veau des at­taques du 13 no­vembre à Pa­ris et à Saint-De­nis. Sans en dire plus…

Aujourd'hui en France - - TERRORISME - Ber­nard Ba­jo­let, le pa­tron de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té ex­té­rieure (DGSE) ÉRIC PELLETIER

« NOUS CONNAIS­SONS le com­man­di­taire, mais je res­te­rai dis­cret sur ce point. » Dans son au­di­tion à huis clos, le 24 mai der­nier, Ber­nard Ba­jo­let, le pa­tron de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té ex­té­rieure (DGSE), livre cette sai­sis­sante confi­dence aux dé­pu­tés de la com­mis­sion d’en­quête « sur les moyens mis en oeuvre par l’Etat pour lut­ter contre le ter­ro­risme ». Il re­fuse ce­pen­dant de li­vrer plus d’élé­ments sur l’iden­ti­té du cer­veau des at­ten­tats du ven­dre­di 13 no­vembre 2015, à Pa­ris et SaintDe­nis, qui ont fait 130 morts et plus de 400 bles­sés.

Pour Ba­jo­let, di­plo­mate de ter­rain ha­bi­tué aux zones de guerre (il fut en poste en Irak et en Afghanistan), Ab­del­ha­mid Abaaoud était le « co­or­di­na­teur » de ces at­taques mais il n’a pas pour autant pla­ni­fié l’opé­ra­tion. Ba­jo­let confirme que ses ser­vices étaient sur la trace du ré­seau « de­puis jan­vier 2015 », au mo­ment où le dji­ha­diste se trou­vait à Athènes. Et as­sure que tout a été mis en oeuvre pour le stop­per : « Moyens hu­mains, tech­niques et co­opé­ra­tion avec les par­te­naires. » Il ré­vèle l’ap­port tech­nique de la DGSE pour iden­ti­fier le nu­mé­ro de por­table uti­li­sé par le dji­ha­diste par­mi des di­zaines de mil­liers d’autres, le soir des at­ten­tats de Pa­ris.

Tou­jours lors de cette au­di­tion, le chef de la DGSE re­vient sur les opé­ra­tions clan­des­tines des­ti­nées à contrer la me­nace, l’« en­tra­ver » par tous les moyens se­lon le j a r g o n mai­son : « De­puis j a nvier 2013, mon ser­vice a contri­bué à la con­cep­tion, à la pla­ni­fi­ca­tion et à la conduite de soixante-neuf opé­ra­tions d’en­trave de la me­nace ter­ro­riste : douze ont p e r mi s d ’ é v i t e r des at­ten­tats cont r e des i nt é r ê t s fran­çais à l’étran­ger, six des pro­jets d’at­ten­tats sus­cep­tibles de frap­per des in­té­rêts oc­ci­den­taux, c’est-à-dire faire ar­rê­ter des gens, dé­jouer des pro­jets ou mettre des ter­ro­ristes hors d’état de nuire. »

Ces opé­ra­tions ont eu lieu, se­lon lui, par ordre dé­crois­sant, dans le Sa­hel, où l’ar­mée fran­çaise est en­ga­gée dans l’opé­ra­tion Bar­khane, et dans la zone pa­kis­ta­no-af­ghane, là où s’est en­traî­né en 2011 Mo­ham­med Me­rah, le tueur au scoo­ter de Tou­louse (Haute-Ga­ronne) et de Mon­tau­ban (Tarn-et-Ga­ronne). Viennent en­suite la Corne de l’Afrique, la Sy­rie, l’Eu­rope, la Li­bye et l’Egypte. « Le plus sou­vent, les in­for­ma­tions étaient de source hu­maine et tech­nique », pré­cise Ba­jo­let. Le chef des ser­vices ex­té­rieurs ex­plique au pas­sage four­nir aux ar­mées fran­çaises et à la coa­li­tion des « points d’in­té­rêt », c’est-àdire des dos­siers sur les ob­jec­tifs, en Irak et en Sy­rie, grâce au ser­vice ac­tion. Ce qui confirme la pré­sence de ces mi­li­taires, bras ar­mé de la DGSE, dans cette zone ul­tra­sen­sible.

In­ter­ro­gé sur la fa­ci­li­té avec la­quelle les ter­ro­ristes ont réus­si à pas­ser au tra­vers des mailles du fi­let, Ber­nard Ba­jo­let n’es­quive pas la ques­tion. Et as­sume : « Des at­ten­tats comme ceux du 13 no­vembre marquent bien un échec du ren­sei­gne­ment ex­té­rieur : ils ont été pla­ni­fiés à l’ex­té­rieur de nos fron­tières et or­ga­ni­sés en Bel­gique, c’est-à-dire dans l’aire de com­pé­tence de la DGSE. Ils re­pré­sentent aus­si sans doute un échec pour le ren­sei­gne­ment in­té­rieur, dans la me­sure où ils se sont pro­duits sur notre sol. »

« Ces at­ten­tats marquent bien un échec du ren­sei­gne­ment ex­té­rieur »

Le pa­tron de la DGSE a re­fu­sé de li­vrer plus d’élé­ments sur l’iden­ti­té du cer­veau des at­ten­tats de Pa­ris et Saint-De­nis qui ont fait 130 morts et plus de 400 bles­sés.

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