Double crime et soup­çon de pé­do­phi­lie

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Pan­tin (Seine-Saint-De­nis) CA­ROLE STERLÉ

AU­CUN AVEU. Rien dans les dé­cla­ra­tions d’An­war G. n’a per­mis d’ex­pli­quer son achar­ne­ment sur les deux femmes, Crys­telle et Amel, poi­gnar­dées à mort dans la ci­té des Cour­tillières à Pan­tin, di­manche soir. En garde à vue à la PJ, cet homme de 50 ans se se­rait bor­né à évo­quer un « dif­fé­rend ta­ri­faire » avec elles, avant de se mu­rer dans un si­lence durable lors de la pro­lon­ga­tion de sa garde à vue. Il a été dé­fé­ré au tri­bu­nal hier à 19 heures à Bo­bi­gny où une in­for­ma­tion ju­di­ciaire pour « ho­mi­cides vo­lon­taires » doit être ou­verte ce ma­tin. Son in­car­cé­ra­tion se­ra de­man­dée. Les soup­çons de pé­do­phi­lie qui au­raient pous­sé Crys­tel- le à se rendre chez An­war G. sont pris très au sé­rieux par la jus­tice : le par­quet a sai­si la bri­gade des mi­neurs pour faire la lu­mière sur une agres­sion sexuelle qu’au­rait pu su­bir l’un des en­fants de Crys­telle.

Af­faire re­mon­tant à 2013-2014

Les deux amies d’en­fance de 31 ans s’étaient re­trou­vées pour par­tir en va­cances lun­di en Es­pagne avec leurs quatre en­fants, qu’elles élèvent seules. Di­manche, vers 18 h 30, les en­fants étaient chez Crys­telle, dans une tour des Cour­tillières, lorsque leurs mères sont al­lées chez An­war G. Se sont-elles dé­pla­cées ar­mées ? Qu’ont-elles dit à ce voi­sin ? Tout a com­men­cé dans le huis clos de l’ap­par­te­ment, al­lée La­mar­tine, au pre- mier étage. Sans té­moin. Les meurtres ont eu lieu entre le pa­lier et le par­vis, en par­tie sous l’oeil d’un ado­les­cent de 12 ans.

Fon­dées ou non, les ac­cu­sa­tions de pé­do­phi­lie sont d’autant plus trou­blantes qu’An­war G. est mis en exa­men dans le Val-d’Oise dans une af­faire de viol sur mi­neur re­mon­tant à 2013-2014. Au­cune in­for­ma­tion n’a fil­tré hier sur cette en­quête tou­jours à l’ins­truc­tion. « Il m’avait dit qu’il ne par­tait pas en va­cances à cause de pro­blèmes avec la jus­tice », se re­mé­more sou­dain une voi­sine. An­war G., qui di­sait à des ha­bi­tants tra­vailler avec les per­sonnes âgées, vi­vait aux Cour­tillières de­puis de nom­breuses an­nées, sans que le lo­ge­ment soit à son nom. La presse mau­ri­cienne a ré­vé­lé hier qu’il s’agis­sait du frère d’un ac­ti­viste po­li­tique de l’île.

Entre si­dé­ra­tion et co­lère, l’émo­tion reste vive dans le quar­tier. « Tous les pa­rents se de­mandent si leur en­fant a été ap­pro­ché », re­late un ha­bi­tant de la ci­té. Une cel­lule de sou­tien psy­cho­lo­gique a été mise en place à la mai­son de quar­tier, ain­si qu’une col­lecte pour ve­nir en aide aux f amilles, no­tam­ment cel l e d’Amel, puisque Crys­telle n’avait d’autre fa­mille que ses trois en­fants, au­jourd’hui pla­cés. Amel doit être in­hu­mée en Tu­ni­sie. Hier, le maire, Bertrand Kern (PS), s’est en­ga­gé à re­lo­ger sa fa­mille ailleurs que dans cette tour, dont la vue donne sur l’im­meuble où Amel est morte.

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