Les Fran­çais at­tendent leur Tour

Tou­jours au­cune vic­toire fran­çaise dans la Grande Boucle. Faute d’en­gran­ger les vic­toires, les cou­reurs tri­co­lores sont quand même bien pla­cés. Faut-il s’in­quié­ter ?

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Re­vel (Haute-Ga­ronne) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Marc Ma­diot, ma­na­geur de la FDJ LIO­NEL CHAMI

DÉ­JÀ DIX ÉTAPES dans le ré­tro­vi­seur et tou­jours pas la moindre vic­toire fran­çaise au comp­teur… Faut-il ti­rer la son­nette d’alarme ? « C’est un peu comme les buts au foot, phi­lo­sophe Marc Ma­diot, ma­na­geur de la FDJ. Il faut sa­voir pa­tien­ter et par­fois at­tendre quatre-vingt-dix mi­nutes et au-de­là… » Les cou­reurs tri­co­lores ne sont pas les seuls à crier fa­mine puis­qu’on ne re­cense éga­le­ment au­cune vic­toire es­pa­gnol e, i ta­lienne, néer­lan­daise ou suisse de­puis le dé­but du Tour.

Dans un pas­sé ré­cent, les Tri­co­lores ont sou­vent pris leur temps pour trou­ver l’ou­ver­ture. Lors des dix der­nières édi­tions, par trois fois le score n’a évo­lué qu’après dix étapes. En 2014, To­ny Gal­lo­pin l’a em­por­té à Oyon­nax lors la 11e étape. En 2013, Ch­ris­tophe Ri­blon ne s’est im­po­sé que lors de la 18e étape mais à l’oc­ca­sion de la double as­cen­sion de l ’ Al p e - d’Huez, ex­cu­sez du peu. En 2011 en­fin, Pierre Rolland a le­vé les bras, lui aus­si au som­met de l’as­cen­sion my­thique aux 21 la­cets en conclu­sion de la… 19e étape.

Pas de quoi s’af­fo­ler, par consé- quent. Les onze étapes res­tant à dis­pu­ter sont autant d’op­por­tu­ni­tés de vic­toires. A dé­faut d’avoir dé­jà dé­cro­ché un bou­quet dans cette 103e édi­tion, les Fran­çais existent bel et bien. Au rayon sprint, en dé­pit de l’ab­sence de deux des meilleurs spé­cia­listes hexa­go­naux, Na­cer Bou­han­ni (Co­fi­dis) — for­fait sur bles­sure — et Ar­naud Dé­mare (FDJ) — non re­te­nu —, Bryan Co­quard (Di­rect Ener­gie) tient seul la bou­tique.

S’il n’a pas mar­qué en­core, le Coq a ca­dré plu­sieurs de ses frappes. Cha­cun se sou­vient des 28 mm sé­pa­rant Mar­cel Kit­tel, vain­queur à Limoges (4e étape), du pe­tit Nan­tais, dé­jà 3e à An­gers (3e étape) la veille. De toute évi­dence, il n’a pas dit son der­nier mot. L’an der­nier, il avait dis­pu­té la vic­toire à An­dré Grei­pel jusque sur les Champs-Ely­sées.

Deuxième à Cher­bourg (2e étape) voi­là une di­zaine de jours, Ju­lian Ala­phi­lippe ( Eti xx), pun­cheur ré­pu­té, est lui aus­si pas­sé très près d’ ou­vrir l e s core. Mais c’était évi­dem­ment comp­ter sans Pe­ter Sa­gan, cham­pion du monde au som­met de son art qu’au­cun ter­rain n’ar­rête ou presque. « En face, ce ne sont pas des manches à ba­lai… » sou­ligne Marc Ma­diot.

A l’exemple du Slo­vaque, les tout meilleurs sprin­teurs — Ca­ven­dish, Kit­tel, Mat­thews hier — et les cou­reurs de classe mon­diale — Van Aver­maet, Boas­son Ha­gen, Rui Cos­ta, Ni­ba­li à l’of­fen­sive hier — prennent lo­gi­que­ment tout ce qui peut l’être, avant de bas­cu­ler dans l’in­con­nu dans les pro­chains jours.

Vers Re­vel hier, Cha­va­nel, Du­mou­lin et Gal­lo­pin sont al­lés à l’abor­dage mais ont été ré­duits à un constat d’im­puis­sance. « Dans le sprint, je ne me fai­sais pas trop d’i l l usions, plaide Du­mou­lin, 5e hier. Il y avait vrai­ment des kings avec moi. Je ne pou­vais pas faire mieux. » « Ce­la été très com­pl i qué a v e c t o us c e s g r a nds cham­pions, re­con­naît Sylvain Cha­va­nel (Di­rect Ener­gie). Même si j’étais ar­ri­vé pour la vic­toire, je n’au­rais pas ga­gné. » Il est urgent par consé­quent de lais­ser faire l’usure du temps et des ki­lo­mètres.

« En face, ce ne sont pas des manches à ba­lai »

Re­vel (Haute-Ga­ronne), hier. Le Fran­çais Sa­muel Du­mou­lin, 5e à l’ar­ri­vée (ici au der­nier plan), n’a rien pu faire contre ses com­pa­gnons d’échap­pée. Les Tri­co­lores at­tendent tou­jours une vic­toire d’étape sur ce Tour.

Bryan Co­quart est pas­sé à 28 mm de la vic­toire à Limoges.

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