« J’étais ter­ri­fié par Me­ryl Streep »

« FLO­RENCE FOS­TER JENKINS ». Hugh Grant a été très im­pres­sion­né à l’idée de jouer au cô­té de la co­mé­dienne, qui in­carne une can­ta­trice atroce.

Aujourd'hui en France - - LES SORTIES AU CINÉMA - Propos recueillis par ALAIN GRAS­SET

HUGH GRANT, 55 ans, la star de « 4 Ma­riages et 1 En­ter­re­ment », de « Love Ac­tual­ly » et du « Jour­nal de Brid­get Jones » est le par­te­naire de Me­ryl Streep dans « Flo­rence Fos­ter Jenkins », le nou­veau film de Ste­phen Frears. Il joue St. Clair Bay­field, le ma­ri de la di­va amé­ri­caine qui chan­tait faux et a réel­le­ment exis­té, dans les an­nées 1930. Avez-vous été sur­pris que Ste­phen Frears fasse ap­pel à vous ? HUGH GRANT. Pas du tout ! On se connaît de­puis long­temps. On se croise sou­vent à Londres, on parle foot­ball, il adore ça, comme moi. On s’est pro­mis de tra­vailler en­semble un jour. Et il a fi­ni par trou­ver un rôle pour moi. Il m’a en­voyé le scé­na­rio, en m’ex­pli­quant que Me­ryl Streep joue­rait cette can­ta­trice et qu’il ai­me­rait que j’in­ter­prète son ma­ri, son ma­na­geur, qui avait tout en­tre­pris pour lui ca­cher la vé­ri­té face aux cri­tiques dont elle fai­sait l’ob­jet. Qu’est-ce qui vous a at­ti­ré ? Je me suis do­cu­men­té sur lui, j’ai lu ses lettres et ses jour­naux in­times. J’ai dé­cou­vert que c’était le pe­tit-fils illé­gi­time d’un aris­to­crate bri­tan­nique, ac­teur pi­toyable, au des­tin as­sez tra­gique. Il n’avait pas d’ar­gent quand il a dé­bar­qué à New York. Et il a eu la chance ex­tra­or­di­naire de ren­con­trer cette femme très riche et ex­cen­trique qui l’ado­rait. Son des­tin m’a tou­ché. J’avais de l’em­pa­thie pour lui. Avec cette chan­teuse, c’était une vraie love-sto­ry ? Oui. Beau­coup de gens à l’époque ont pen­sé qu’il pro­fi­tait de son fric et qu’elle l’en­tre­te­nait. C’est ar­chi­faux, ils ont eu une grande his­toire d’amour qui a du­ré trente ans. Même s’il me­nait une double vie, avec une jeune femme beau­coup plus jeune que lui, St. Clair Bay­field a ai­mé Flo­rence jus­qu’au bout. Ils étaient deux ex­cen­triques at­ta­chés l’un à l’autre. Comment avez-vous tra­vaillé avec Me­ryl Streep ? Ne m’en par­lez pas ! Le pre­mier jour du tour­nage, j’étais ter­ri­fié à l’idée de lui don­ner la ré­plique. Im­pres­sion­né par une ac­trice qui a été nom­mée dix­neuf fois à l’Os­car, et en a ga­gné deux. Im­pres­sion­né aus­si par ses dons de chan­teuse et chan­tant atro­ce­ment faux pour le rôle de Flo­rence. Au fur et à me­sure, je me suis dé­ten­du. On a bien ri avec Me­ryl. Vous avez été long­temps le cé­li­ba­taire le plus en­dur­ci de Hol­ly­wood. Vous n’êtes tou­jours pas marié, mais de­ve­nu père sur le tard… Quatre en­fants ! (NDLR : entre 4 ans et de­mi et 6 mois, nés de deux mères dif­fé­rentes.) J’ai vite rat­tra­pé le temps per­du au cours de ces der­nières an­nées. Et j’avoue que si au dé­but j’avais un peu peur de ne pas as­su­mer, au­jourd’hui, je me sens un père presque nor­mal. C’est par­fois com­pli­qué de m’oc­cu­per d’eux en étant ac­teur. C’est d’ailleurs pour­quoi j’ai ra­len­ti le rythme de mes tour­nages. Dès que mon em­ploi du temps me le per­met, je des­cends dans la mai­son de cam­pagne que j’ai ache­tée, à une tren­taine de ki­lo­mètres d’Aix-en-Pro­vence. La vraie vie est là-bas.

« Au­jourd’hui, je me sens un père presque nor­mal »

Long­temps can­ton­né aux co­mé­dies ro­man­tiques, le Bri­tan­nique Hugh Grant change de re­gistre en in­car­nant pour son ami Ste­phen Frears le ma­ri de la can­ta­trice Flo­rence Fos­ter Jenkins (Me­ryl Streep), qui avait dé­jà ins­pi­ré le film « Mar­gue­rite ».

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