« L’im­pres­sion d’une perte d’au­to­ri­té com­plète »

Ni­co­las Sar­ko­zy,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - OLI­VIER BEAU­MONT (AVEC MA­RION GALLAND À AJAC­CIO)

EN VA­CANCES EN CORSE, Ni­co­las Sar­ko­zy n’a pas pré­vu de re­gar­der l’in­ter­view té­lé­vi­sée du pré­sident de la Ré­pu­blique. « Bah, pour quoi faire ? Qui se sou­vient d’une seule chose per­ti­nente pro­non­cée par Fran­çois Hol­lande lors des pré­cé­dentes in­ter­ven­tions du 14 Juillet ? », iro­nise-t-on dans l’en­tou­rage du chef des Ré­pu­bli­cains. Un point de vue d’ailleurs lar­ge­ment ré­pan­du à droite. Comme Bruno Le Maire qui pré­fère être au­jourd’hui sur l’étape du Tour de France au mont Ven­toux : « Ce qui me frappe, c’est l’in­dif­fé­rence ré­gnant au­tour de cette al­lo­cu­tion. Comme si les Fran­çais avaient dé­jà tour­né la page de son quin­quen­nat », as­sène le can­di­dat à la pri­mai- re de la droite.

« Comme d’ha­bi­tude, on va avoir un dis­cours to­ta­le­ment dé­con­nec­té des réa­li­tés, avec cet air gro­tesque quand il dit que tout va mieux. C’est tel­le­ment cho­quant et pro­vo­cant », es­time de son cô­té le dé­pu­té des Alpes-Ma­ri­times Eric Ciot­ti. L’élu garde en tra­vers de la gorge les ob­jec­tifs ré­ité­rés du chef de l’Etat, l’an pas­sé à cette même oc­ca­sion, concer­nant la baisse du chô­mage. « Il va dres­ser le por­trait d’une France qui va mieux, avec le suc­cès de l’Eu­ro et la belle pres­ta­tion de nos Bleus. Mais l’illu­sion se dis­si­pe­ra aus­si vite qu’un feu d’ar­ti­fice car la na­tion est plon­gée dans une crise exis­ten­tielle », diag­nos­tique Fran­çois Fillon.

Et ce ne sont pas les sou­bre­sauts au­tour de « l’af­faire Ma­cron » qui vont cal­mer les as­sauts et les piques de l’op­po­si­tion. « Ce que fait Em­ma­nuel Ma­cron n’est pas conve­nable. Il se moque de tout le monde. Je ne com­prends même pas com­ment il peut en­core res­ter à son poste de mi­nistre de l’Eco­no­mie », s’em­porte Jean-Fran­çois Co­pé.

Alors Hol­lande doit-il vi­rer Ma­cron ? « C’est son pro­blème, je ne veux pas m’im­mis­cer dans ce dé­bat, mais tout ce­ci donne l’im­pres­sion d’une perte d’au­to­ri­té com­plète, ta- cle Ni­co­las Sar­ko­zy, qui dé­di­ca­çait hier son livre dans une li­brai­rie d’Ajac­cio (Corse-du-Sud). On est même gê­nés de voir ce spec­tacle qui s’étale sous nos yeux. » Eric Ciot­ti ajoute : « Je fais le pa­ri que Hol­lande va bot­ter en touche au­jourd’hui si on lui pose une ques­tion sur ce su­jet. C’est à se de­man­der à quel point Ma­cron n’est pas sa ma­rion­nette. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pre­mier mee­ting du pa­tron de Ber­cy pour son mou­ve­ment En marche, mar­di soir à la Mu­tua­li­té (Pa­ris Ve), n’a guère sé­duit cô­té Ré­pu­bli­cains. « Fran­che­ment, c’était de la com à la pa­pa. Sans ly­risme, sans en­vo­lées. Il a fait son dis­cours avec des pe­tits promp­teurs trans­pa­rents : les mêmes que Chi­rac uti­li­sait à son époque ! » raille un proche de Sar­ko­zy. « La no­tion de gou­ver­nance chez le pré­sident de la Ré­pu­blique se ré­sume en deux mots : le men­songe et le pour­ris­se­ment, re­prend Bruno Le Maire. Men­songe à propos des pro­messes de cam­pagne qu’il n’a pas te­nues. Pour­ris­se­ment à propos des gens dans la rue contre la loi El Khom­ri et la crise entre Valls et Ma­cron. » « Il est temps que tout ce­la s’ar­rête. Fran­çois Hol­lande a trop joué avec les Fran­çais, conclut Ciot­ti. Le point po­si­tif de cette jour­née, c’est que ça se­ra son der­nier 14 Juillet… », en­fonce-t-il, pince-sans-rire.

Les Ré­pu­bli­cains raillent la com à la pa­pa d’Em­ma­nuel Ma­cron

@oli­vier­beau­mont

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.