La pé­ni­ten­tiaire dans le car­ré de tête

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pierre Alexandre TI­MO­THÉE BOUTRY

C’EST UNE grande pre­mière pour son ad­mi­nis­tra­tion mais, pour lui, cette jour­née au­ra comme un air de dé­jà-vu. Pierre Alexandre fait par­tie des 47 per­son­nels de l’ad­mi­nis­tra­tion pé­ni­ten­tiaire (AP) sé­lec­tion­nés pour déf i l e r c e ma­tin s ur l e s Champs-Ely­sées. Alors qu’elle forme, avec 38 000 agents, la troi­sième force de sé­cu­ri­té in­té­rieure du pays, l’AP n’avait en­core ja­mais eu les hon­neurs du cor­tège. En pleine re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle après treize ans dans la gen­dar­me­rie, Pierre Alexandre avait dé­jà fou­lé la plus belle ave­nue du monde le 14 juillet 2004 avec ses ca­ma­rades de l’école des sous-of­fi­ciers. Un pré­cé­dent qui n’al­tère pas l’émo­tion qu’il s’ap­prête à vivre une se­conde fois.

« C’est un très grand hon­neur à titre per­son­nel mais sur­tout un pri­vi­lège de re­pré­sen­ter tous les sur­veillants pé­ni­ten­tiaires, livre ce na- tif de Po­ly­né­sie fran­çaise de 31 ans. Ce dé­fi­lé est une re­con­nais­sance mé­ri­tée. »

Pour cette par­ti­ci­pa­tion in­édite, l es per­son­nels de l’ AP au­ront même droit au car­ré d’hon­neur, en tête du cor­tège. En pleine cam­pagne de re­cru­te­ment, le choix a été fait de choi­sir les heu­reux élus par­mi les élèves de l’école nationale si­tuée à Agen. Une d é l é g a t i o n com­po­sée d’élèves di­rec­teurs, of­fi­ciers et sur­veillants em­me­née par la di­rec­trice de l’éta­blis­se­ment. « Nous avons d’abord été sé­lec­tion­nés sur la base du vo­lon­ta­riat, re­lève Pierre Alexandre. Les plus mo­ti­vés ont en­suite été re­te­nus. » Très at­ta­ché au sym­bole de co­hé­sion nationale que re­pré­sente le dé­fi­lé, l’an­cien gen­darme mo­bile a aus­si bé­né­fi­cié d’un autre atout : sa par­faite connais­sance de la marche au pas ca­den­cé. « Dé­fi­ler en ordre ser­ré ne va pas de soi, pré­cise l’an­cien mi­li­taire. Ce­la né­ces­site beau­coup de tra­vail pour maî­tri­ser la co­or­di­na­tion des pas et res­pec­ter les ali­gne­ments. » De fait, les 47 élèves de l’Ecole nationale de l’ad­mi­nis­tra­tion pé­ni­ten­tiaire se sont en­traî­nés pen­dant un mois pour être par­fai­te­ment prêts ce ma­tin. « De 8 à 10 km de marche par jour, sou­ligne Pierre Alexandre. Les pro­grès ont été consi­dé­rables. On veut ab­so­lu­ment être à la hau­teur. »

Alors que le stress n’a ces­sé de mon­ter au fur et à me­sure de l’ap­proche de l’échéance, ce spor­tif aguer­ri tente de ras­su­rer ses plus jeunes col­lègues grâce à son ex­pé­rience. « La ma­ti­née se­ra longue et je leur donne quelques conseils pour évi­ter d’avoir un ma­laise, re­late-t-il. Pour au­tant, mon ex­pé­rience ne me pré­mu­nit pas non plus du trac. On ne se sent mieux qu’une fois pas­sé la tri­bune of­fi­cielle. Mais, en­suite, on n’en conserve que de bons sou­ve­nirs. »

« Un pri­vi­lège de re­pré­sen­ter tous les sur­veillants »

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