Un ap­pel pour Al­li­son et Ma­rie-Jo­sée

AF­FAIRE BENITEZ. Trois ans exac­te­ment après la dis­pa­ri­tion de la mère et de la fille à Per­pi­gnan, la fa­mille d’Al­li­son et Ma­rie-Jo­sée Benitez lance un ap­pel pour faire pro­gres­ser l’en­quête.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mont­pel­lier (Hé­rault) De notre cor­res­pon­dant Eric Bar­bet CLAUDE MASSONNET

C’ÉTAIT il y a trois ans exac­te­ment, le 14 juillet 2013 à Per­pi­gnan (Py­ré­nées-Orien­tales). Vers 13 h 10, Al­li­son Benitez, belle jeune fille de 19 ans, don­née comme fa­vo­rite pour de­ve­nir Miss Rous­sillon, quitte le ras­sem­ble­ment des can­di­dates à Ca­net-en-Rous­sillon avec son père Fran­cis­co Benitez, 53 ans, ad­ju­dant-chef à la lé­gion étran­gère. On ne la re­ver­ra plus ja­mais, ni sa mère, Ma­rie-Jo­sée, 54 ans, en ins­tance de di­vorce d’avec le mi­li­taire. Avant de se sui­ci­der par pen­dai­son à la ca­serne Joffre, le lé­gion­naire a tou­jours sou­te­nu que la mère et la fille ont quit­té le do­mi­cile conju­gal vers 17 heures avec ba­gages pour Tou­louse après une ul­time dis­pute. Un tex­to, en­voyé de­puis le por­table de la ma­man à 17 h 17, ap­puie ce scé­na­rio.

De­puis, l’en­quête a per­mis de dé­ter­mi­ner de fa­çon ca­té­go­rique que la mère et la fille ne sont ja­mais res­sor­ties vi­vantes de l’ap­par­te­ment fa­mi­lial de la rue Jean-Ri­che­pin dans un quar­tier po­pu­laire de Per­pi­gnan. Qu’Al­li­son y a été tuée dans des condi­tions de grande vio­lence. « Elle a cher­ché à s’en­fuir. Les traces de sang, re­le­vées à l’étage, dans sa chambre, la salle de bains et même la ter­rasse at­testent de ce qui s’est pas­sé. Et c’est même pire dans le ga­rage. Cet après-mi­di­là en pleine cha­leur, il y a for­cé­ment quel­qu’un du quar­tier qui a vu et sur­tout qui a en­ten­du quelque chose. Ils doivent té­moi­gner pour que l’on puisse mieux com­prendre. C’est un nou­vel ap­pel à té­moins que nous lan­çons », s’ex­clame Eric Bar­bet, frère de Ma­rie-Jo­sée et oncle d’Al­li­son. Avec son épouse Ghis­laine, de­puis des mois, il tente de com­prendre ce qui a bien pu se pas­ser ce di­manche après-mi­di dans l’ap­par­te­ment où le lé­gion­naire se trou­vait alors seul avec sa femme et sa fille. Et aus­si dans la tren­taine d’heures sui­vantes. « Il a fal­lu net­toyer les traces de sang par­tout. Des litres et des litres de ja­vel ont été uti­li­sés et di­lués. Et puis il a f all u se sé­pa­rer des corps. Nous ai­me­rions être sûrs que Pa­co Benitez était bien tout seul à agir entre di­manche soir et mar­di ma­tin. Nous vou­drions avoir la cer­ti­tude qu’il n’a pas bé­né­fi­cié de com­pli­ci­tés », pour­suit Eric Bar­bet qui s’étonne de la len­teur de l’en­quête ju­di­ciaire et qui rap­pelle que les corps des deux femmes n’ont ja­mais été re­trou­vés.

« Nous avons de­man­dé un cer­tain nombre d’actes de pro­cé­dure de­puis plus d’un an et nous n’avons tou­jours pas de re­tour. A l’ins­truc­tion, on nous as­sure que c’est en cours. Nous avions de­man­dé à ce que le dos­sier de la dis­pa­ri­tion de Si­mone de Oli­vei­ra, maît r esse de Benitez, à Nîmes le 29 no­vembre 2004 soit joint à ce­lui de Per­pi­gnan. Mais pour l’ins­tant ce n’est pas le cas », ajoute Me Phi­lippe Cap­sié, leur avo­cat.

« Ma cliente, Ed­wige Bar­bet, soeur de Ma­rie-Jo­sée, a le sen­ti­ment que les in­ves­ti­ga­tions sont au point mort alors que des per­sonnes peuvent en­core être im­pli­quées dans cette af­faire », ajoute Me Etienne Ni­co­lau. « Le dos­sier n’est pas du tout re­fer­mé. Les en­quê­teurs conti­nuent de tra­vailler, de me­ner à bien des vé­ri­fi­ca­tions. Il faut s’ar­mer de pa­tience », ré- pond Achille Ki­ria­ki­dès, le pro­cu­reur de Per­pi­gnan qui a ou­vert l’in­for­ma­tion ju­di­ciaire pour en­lè­ve­ments et as­sas­si­nats en août 2013. C’était au len­de­main de la ré­vé­la­tion que l’ADN d’Al­li­son avait été iden­ti­fié dans des traces san­guines re­le­vées dans le congé­la­teur fa­mi­lial. Fixant ain­si la trame de cette af­faire hors du com­mun : une tra­gé­die fa­mi­liale dont le sus­pect nu­mé­ro un s’est sui­ci­dé, lais­sant der­rière lui bien des zones d’ombre en­core à éclair­cir.

« Nous ai­me­rions être sûrs que Pa­co Benitez était bien tout seul à agir »

Trois ans après les faits, Eric Bar­bet, frère de Ma­rie-Jo­sée et oncle d’Al­li­son, et son épouse Ghis­laine ne voient pas l’en­quête avan­cer. Ils sont per­sua­dés qu’il y a eu des té­moins qui ont au moins en­ten­du le double meurtre se pro­duire.

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