Pan­tin : un scé­na­rio se des­sine

MEURTRES. L’homme qui a tué les deux mères de fa­mille a été in­car­cé­ré hier. De pre­miers élé­ments laissent aper­ce­voir la ge­nèse de ce ter­rible drame.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Pan­tin (Seine-Saint-De­nis) FRÉ­DÉ­RIC NAIZOT

TROIS JOURS après le double ho­mi­cide de Pan­tin, An­war G., le meurtrier pré­su­mé âgé de 50 ans, a ex­pli­qué qu’il re­con­nais­sait avoir por­té les coups de cou­teau mor­tels. Des faits sur­ve­nus, se­lon lui, après que les deux jeunes femmes, Amel et Crys­telle, des amies d’en­fance de 31 ans, mères de quatre en­fants de 4 à 11 ans, sont ve­nues chez lui l’agres­ser.

« Sur les cir­cons­tances pré­cises des faits, il y a en­core des élé­ments as­sez troubles », es­time son avo­cat, Me Laurent Bi­net, alors que son client a été pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire par le juge des li­ber­tés, et in­car­cé­ré hier après-mi­di. « M. An­war ex­plique que les deux femmes se sont pré­sen­tées à son do­mi­cile et qu’elles l’ont agres­sé dès qu’il leur a ou­vert la porte. L’une d’elles a crié plu­sieurs fois : Qu’est-ce que tu as fait à ma fille ? Il in­dique avoir pris des coups im­mé­dia­te­ment après avoir ou­vert sa porte. L’une d’elles por­tait se­lon lui un cou­teau. Il s’en est em­pa­ré. Elles ont fui. Il les a rat­tra­pées et a por­té des coups avec le cou­teau. »

Se­lon l’avo­cat, « il semble qu’il ait bien pris des coups. Pour au­tant, il n’était pas en dan­ger de mort. Pour­quoi a-t-il fait preuve d’au­tant de vio­lence ? Il in­dique qu’il s’est ren­du compte de la gra­vi­té de son geste en dé­cou­vrant qu’il y avait du sang par­tout. Il a alors at­ten­du l’ar­ri­vée de la po­lice. » Me Laurent Bi­net pré­cise aus­si que son client n’a ja­mais sou­te­nu avoir agi en état de lé­gi­time dé­fense.

La ve­nue à son do­mi­cile des deux vic­times au­rait pour ori­gine la dé- non­cia­tion d’at­tou­che­ments par une fille d’une des vic­times. « Elle en au­rait par­lé à sa mère le sa­me­di. Il s’agi­rait d’un bai­ser sur la bouche don­né quelques jours plus tôt », in­dique Me Laurent Bi­net rap­por­tant des ex­pli­ca­tions de son client.

Se­lon le mis en exa­men, les faits se sont pro­duits alors qu’il avait tra­vaillé le ma­tin au­près de per­sonnes âgées, puis pas­sé l’après-mi­di seul à son do­mi­cile.

L’homme est par ailleurs mis en exa­men pour viol sur mi­neur de 15 ans, dans le cadre d’une ins­truc­tion ju­di­ciaire ou­verte à Pon­toise pour la­quelle il est pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire. An­war G. est un Mau­ri­cien qui a été hé­ber­gé chez un cou­sin à son ar­ri­vée en France. Un do­mi­cile qu’il a quit­té en 2007. C’est plu­sieurs an­nées après que la fille de ce cou­sin a por­té des ac­cu­sa­tions à son en­contre, condui­sant le par­quet à ou­vrir une in­for­ma­tion. Des ac­cu­sa­tions qu’il conteste. L’ins­truc­tion est tou­jours en cours.

Le mis en exa­men dé­jà sous le coup d’une ins­truc­tion pour viol d’une mi­neure

Pan­tin (Seine-Saint-De­nis). La ci­té des Cour­tillières a été le théâtre du double meurtre par­ti­cu­liè­re­ment san­glant de deux mères de fa­mille.

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