Froome, maître tac­ti­cien

Dans une étape pro­mise aux sprin­teurs, le cy­cliste bri­tan­nique a fait par­ler sa science de la course pour re­pous­ser une nou­velle fois la concur­rence au clas­se­ment.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Mont­pel­lier (Hé­rault) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Ch­ris­to­pher Froome LIO­NEL CHAMI

DÉ­CI­DÉ­MENT, Ch­ris Froome sur­git tou­jours quand on ne l’at­tend pas. Après la des­cente de Pey­re­sourde sa­me­di, le Bri­tan­nique a ex­ploi­té hier le dé­noue­ment d’une folle jour­née de bor­dures pour ac­croître un peu son avance sur ses ri­vaux, Nai­ro Quin­ta­na en tête. Par­ti en com­pa­gnie de Ge­raint Tho­mas, dans un coup somp­tueux lan­cé par Pe­ter Sa­gan et Ma­ciej Bod­nar, à 12 km de Mont­pel­lier, Froome a em­po­ché 12 pré­cieuses se­condes — 6 + 6 de bo­ni­fi­ca­tion.

« Ce n’était évi­dem­ment pas pla­ni­fié, on ne peut pas pré­voir ça, as­sure Sa­gan. Lui vou­lait ga­gner des se­condes pour le gé­né­ral, et moi, je vou­lais l’étape… » Si bien que le Co­lom­bien, au sup­plice sur ce type de course, pointe dé­sor­mais à 35’’ du Maillot jaune au clas­se­ment gé­né­ral. C’est as­sez peu en un sens ou dé­jà beau­coup, se­lon le point de vue. Tou­jours est-il que Froome a dé­ci­dé de pro­cé­der ain­si : « Je n’ai pas at­ta­qué en des­cente et sur le plat parce que j’étais for­cé de le faire pour des rai­sons de pres­sion ou autre. C’est parce que mes équi­piers m’ont bien po­si­tion­né que j’ai pu ac­com­pa­gner Sa­gan. Quand je me suis re­trou­vé dans sa roue, je vou­lais juste voir ce qui al­lait se pas­ser… »

L’en­tre­prise de Froome n’a qu’en par­tie réus­si. Avec 25’’ d’avance à 5 km du but, il au­rait pu es­pé­rer un gain su­pé­rieur, voire pous­ser Quin­ta­na à la rup­ture. « Ça a été une jour­née dif­fi­cile pour moi, ad­met le cou­reur co­lom­bien. C’était très plat, il y avait beau­coup de vent. Les sprin­teurs et les rou­leurs étaient fa­vo­ri­sés. Froome a pris quelques se­condes en pro­fi­tant de ce mo­ment mais je veux res­ter po­si­tif. C’était très ner­veux et on n’est pas tom­bés… »

De son cô­té, le lea­deur bri­tan­nique de l’équipe Sky n’a-t-il pas di­la­pi­dé trop de forces dans l’op­tique du Ven­toux, même am­pu­té de 6 km, au­jourd’hui ? « C’est une ques­tion que je me suis po­sée dans les 10 der­niers ki­lo­mètres. Je voyais bien que je dé­pen­sais de l’éner­gie. Mais bon, j’ai quand même vou­lu es­sayer, sa­chant que Quin­ta­na est gé­né­ra­le­ment très fort dans la 3e se­maine. Si j’avais la pos­si­bi­li­té de lui prendre quelques se­condes au­jourd’hui, je n’al­lais pas m’en pri­ver. »

Au­jourd’hui, Quin­ta­na est cen­sé jouer sur son ter­rain — même si Froome, vain­queur au Ven­toux en 2013, l ’ avait de­van­cé de 29’’ : « J’au­rais pré­fé­ré que l’étape aille au som­met parce que c’est une mon­tée idéale pour moi, juge Quin­ta­na. De toute fa­çon, il reste beau­coup de jour­nées et de montagne. » « La mon­tée jus­qu’au cha­let Rey­nard est dé­jà très dure, es­time Froome quant à lui. Avec le vent qu’il va y avoir, il

« Prendre quelques se­condes, je n’al­lais pas m’en pri­ver »

est pos­sible que des cas­sures se pro­duisent bien avant qu’on ar­rive au pied du Ven­toux. Le fait que ça soit plus court va rendre la course plus in­tense. Ça n’au­rait été en rien plus fa­cile si on était al­lés au som­met. »

Si Froome sait improviser, il sait aus­si pla­ni­fier sa course : « Peut-être mes ri­vaux vont-ils es­sayer de prendre beau­coup de temps sur le Ven- toux mais moi, je gar­de­rai le contre­la-montre du len­de­main ( NDLR : ven­dre­di) en tête. » Bref, au­cune sur­prise n’est à ex­clure.

Mont­pel­lier (Hé­rault), hier. Ch­ris­to­pher Froome a fi­ni 2e de l’étape, juste der­rière Pe­ter Sa­gan.

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