« Je veux que justice soit faite »

Jo­na­than Louis,

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Propos re­cueillis par SAN­DRINE BAJOS ET CÉ­CILE GOS­SE­LIN CA.D.

JO­NA­THAN LOUIS a 26 ans. Che­veux bruns, barbe de trois jours, re­gard doux, il ra­conte son his­toire d’un ton po­sé. Ori­gi­naire d’Auxerre, il ha­bite Pa­ris où il est co­mé­dien et dan­seur. Il a tour­né dans « les Fau­cons », la web­sé­rie pro­duite par Jean-Marc Mo­ran­di­ni. Com­ment avez-vous trou­vé ce rôle ? JO­NA­THAN LOUIS. J’ai ré­pon­du à une an­nonce en août 2015 sur Na­wak Spec­tacle (NDLR : un site de cas­ting) et je suis en­tré en contact avec la di­rec­trice de cas­ting, la fa­meuse Ca­the­rine que je n’ai ja­mais vue. Ils re­cher­chaient des jeunes hommes im­berbes pour une web­sé­rie au­tour du foot. Comme je suis très poi­lu, j’ai ac­cep­té de me ra­ser. On m’a aus­si de­man­dé une photo de moi nu. Comme j’ai dé­jà tour­né nu, ce n’était pas un pro­blème. Je vou­lais vrai­ment ce rôle car le pro­jet était por­té par JeanMarc Mo­ran­di­ni et je pen­sais qu’il al­lait boos­ter ma car­rière. Avez-vous ren­con­tré Mo­ran­di­ni ? Il m’a re­çu dans ses bu­reaux, rue Fran­çois-Ier à Pa­ris, en face d’Eu­rope 1. Il a été ado­rable et c’est res­té pro­fes­sion­nel. Il m’a en­suite de­man­dé de me mettre nu et m’a pho­to­gra­phié avec son ap­pa­reil photo. En re­vanche, j’ai moins ap­pré­cié qu’il me montre des vi­déos d’autres ac­teurs se mas­tur­bant et éja­cu­lant, comme pour me pous­ser à al­ler plus loin. Avez-vous l’im­pres­sion d’avoir été abu­sé sexuel­le­ment ? Non car les choses pour moi étaient très claires de­puis le dé­but. Mais je re­con­nais que pro­gres­si­ve­ment, les mails sont de­ve­nus de plus en plus pres­sants. J’ai été in­vi­té à « me lâ­cher ». Je leur ai tou­jours dit que je n’irais pas dans le por­no­gra­phique. Que s’est-il pas­sé sur le tour­nage ? L’offre d’em­ploi sti­pu­lait que la jour­née de tour­nage était ré­mu­né­rée. Or, quand on a vou­lu me faire si­gner à la va-vite mon contrat, il était écrit : « Je cède tous mes droits à titre gra­cieux et je ne pré­tends à au­cune ré­mu­né­ra­tion. » J’ai re­fu­sé de si­gner mais j’ai joué ma scène pour ne pas gê­ner le tour­nage. C’était l’épi­sode 3, on fai­sait l’amour à 3 mais le hé­ros a cra­qué et a re­fu­sé de jouer. La scène a été an­nu­lée et il a été vi­ré. Tout s’est em­bal­lé quand j’ai de­man­dé à être payé pour ma jour­née, soit 350 €. Avez-vous été payé ? Non. Ca­the­rine m’a tout sim­ple­ment ex­pli­qué par mail que je n’avais pas à être payé puisque j’avais juste tour­né un pi­lote. C’est de l’ex­ploi­ta­tion car j’ai des mails at­tes­tant de mon en­ga­ge­ment pour un rôle ré­cur­rent. Je me suis fait flouer. De­puis jan­vier, j’at­tends mon chèque. J’ai pen­sé à l’époque à contac­ter la presse mais je ne l’ai pas fait car j’ai eu peur de griller ma car­rière. Au­jourd’hui, tout le monde té­moigne, ce n’est pas pa­reil. La vé­ri­té sort. Je veux que justice soit faite et je suis en contact avec un avo­cat. En re­vanche, je suis fi­na­le­ment vrai­ment content de ne pas être dans la sé­rie. Le ré­sul­tat est vrai­ment af­fli­geant, mé­diocre. Ca­the­rine existe-t-elle vrai­ment, se­lon vous ? Qui se cache der­rière son adresse mail ? Un homme ? Une femme ? Je n’en sais rien. Je sais juste qu’elle peut être ado­rable et char­mante un jour, odieuse et agres­sive le len­de­main… VI­DÉO le­pa­ri­sien.fr Le té­moi­gnage de Jo­na­than Sale temps pour Eu­rope 1. Se­couée par l’af­faire Mo­ran­di­ni, la sta­tion de la rue Fran­çois-Ier doit aus­si af­fron­ter l’une des pires vagues d’au­diences de son his­toire. Entre avril et juin, elle a ain­si en­re­gis­tré un re­cord à la baisse à 7,8 % d’au­dience cu­mu­lée, se­lon les ré­sul­tats pu­bliés hier par Mé­dia­mé­trie. Presque toute sa grille plonge, de la ma­ti­nale de Tho­mas Sot­to (1,1 mil­lion d’au­di­teurs en moyenne, soit 11 % de moins que l’an­née pré­cé­dente) aux « Pieds dans le plat » de Cy­ril Ha­nou­na entre 16 heures et 18 h 30 en plein trou noir (327 000 paires d’oreilles, soit 110 000 de moins de­puis 2015). La ra­dio s’y at­ten­dait et va mo­di­fier ses après-mi­di à la ren­trée. Par­mi les ga­gnants, France In­ter en­re­gistre un re­cord de­puis 2012 (avec 10,7 % d’au­dience cu­mu­lée), do­pée no­tam­ment par la pre­mière ma­ti­nale de France. Mais c’est RTL qui s’im­pose en tête. Avec 12,2 % d’au­dience cu­mu­lée, la sta­tion de la rue Bayard coiffe NRJ, se­lon ce sondage pu­blié sans les scores de Fun Ra­dio. La sta­tion a été écar­tée des ré­sul­tats pour avoir dif­fu­sé des mes­sages in­ci­tant ses au­di­teurs à la sou­te­nir au­près de Mé­dia­mé­trie.

« Il m’a mon­tré des vi­déos d’autres ac­teurs se mas­tur­bant et éja­cu­lant » Au­diences en chute pour Eu­rope 1

« J’ai été in­vi­té à me lâ­cher », ra­conte le co­mé­dien Jo­na­than Louis.

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