Et main­te­nant ? Rien…

GOU­VER­NE­MENT. Cha­pi­tré hier par le pré­sident, qui l’a som­mé de ren­trer dans le rang, Em­ma­nuel Ma­cron ne semble pas dis­po­sé à chan­ger d’un io­ta son com­por­te­ment. Au grand aga­ce­ment des amis de Ma­nuel Valls.

Aujourd'hui en France - - PO­LI­TIQUE - AVA DJAM­SHI­DI ET PAU­LINE THÉ­VE­NIAUD

CHAQUE MOT a été pe­sé au tré­bu­chet. A l’Ely­sée, hier, pour la tra­di­tion­nelle in­ter­view du 14 Juillet, Fran­çois Hol­lande sa­vait bien qu’il se­rait in­ter­ro­gé sur les ten­sions que crée au som­met de l’Etat l’échap­pée so­li­taire de son mi­nistre de l’Eco­no­mie. Dans la ma­jo­ri­té, rares sont ceux qui ont goû­té, mar­di, le flam­boyant one-man-show du « pe­tit mar­quis pou­dré », comme le sur­nomme Laurent Fa­bius. Un crime de lèse-ma­jes­té qui en­tame l’au­to­ri­té pré­si­den­tielle. Alors, dans le sa­lon des Por­traits, la sen­tence tombe : « Dans un gou­ver­ne­ment, il n’y a pas de dé­marche per­son­nelle, en­core moins pré­si­den­tielle. Res­pec­ter ces règles, c’est res­ter au gou­verne- ment. Ne pas les res­pec­ter, c’est ne pas y res­ter. »

En clair, l’im­pé­tueux mi­nistre n’est pas vi­ré. Il est juste in­vi­té à jouer cartes sur table, et à en ti­rer les conclu­sions. Une der­nière chance avant une hy­po­thé­tique ex­fil­tra­tion de l’im­pé­trant. « Ma­cron va de­voir choi­sir, cla­ri­fier sa si­tua­tion, dé­crypte un proche du pré­sident. Main­te­nant, on passe à autre chose ! Il doit y avoir une co­hé­rence. »

Sauf qu’Em­ma­nuel Ma­cron ne semble pas prêt à ac­ti­ver le cou­pe­ret dans l’im­mé­diat. Il a re­çu le mes­sage cinq sur cinq, conscient que c’est dé­sor­mais à lui de tran­cher. Dès mer­cre­di soir, il a réuni sa garde rap­pro­chée, convain­cu qu’il ne se­rait pas dé­bar­qué mais qu’une mise au point l ’ at­ten­dait. Que choi­sir, alors ? Pour l’heure, Ma­cron ré­flé­chit, même s’il a fait sa­voir hier à ses proches qu’il al­lait « conti­nuer le che­min en­ga­gé mar­di ». « Sa re­li­gion n’est pas faite. La so­lu­tion pour le mou­ve­ment (NDLR : En marche) se­rait qu’il sorte. Mais pour sor­tir, il faut ra­con­ter une his­toire », ana­lyse un par­le­men­taire qui le sou­tient. Le mi­nistre de­vrait pren- dre un peu de temps. « Il ne ré­pon­dra pas à cette ques­tion dans les vingt­quatre heures », confirme un proche. Pour preuve : Ma­cron a main­te­nu son dé­pla­ce­ment mi­nis­té­riel au­jourd’hui dans le Fi­nis­tère. S’il choi­sit la porte de sor­tie, Ma­cron ne de­vrait donc pas an­non­cer son dé­part avant la fin de la ses­sion par­le­men­taire, à la fin du mois. « Il n’a ja­mais tor­pillé Hol­lande ou Valls, il ne va pas su­bi­te­ment pro­vo­quer une crise », re­lève-ton dans son en­tou­rage.

Et s’il dé­ci­dait de res­ter ? « On consi­dère qu’il res­pecte les prin­cipes énon­cés par le pré­sident », juge un proche. Fran­çois Hol­lande a pour­tant été clair : pas de dé­marche per­son­nelle. « Ce­la tombe bien, En marche est une dé­marche col­lec­tive ! » ré­torque le dé­pu­té (PS) Ri­chard Fer­rand, qui note : « Si Em­ma­nuel Ma­cron avait en­freint les règles, le pré­sident l’au­rait ré­vo­qué. » Et si Ma­cron conti­nuait à mar­cher sur la ligne de crête ? « Je n’ai pas l’im­pres­sion qu’il soit com­plè­te­ment sûr de son fait, glisse un conseiller du pou­voir. Même ses proches ne savent pas ce que se­ra la fin de l’his­toire… » Mais la balle est dé­sor­mais dans son camp.

Pour l’heure, Ma­cron ré­flé­chit, même s’il a fait sa­voir qu’il al­lait « conti­nuer le che­min en­ga­gé mar­di »

@AvaD­jam­shi­di @Pau­li­ne_Th Du grand spec­tacle sur les Champs-Ely­sées

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.