Les amis de Valls ont le blues

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un ami du Pre­mier mi­nistre NATHALIE SCHUCK ET P.TH.

« IL FAL­LAIT l’éli­mi­ner ! » Les amis de Ma­nuel Valls ont eu beau sa­vou­rer hier le re­ca­drage pré­si­den­tiel de l’in­so­lent Ma­cron, ils avaient tous en bouche un goût d’in­ache­vé. Certes, au­cun n’osait rê­ver que Hol­lande dé­bar­que­rait le tru­blion devant des mil­lions de Fran­çais. Mais ils es­pé­raient plus de fer­me­té. « Pour­quoi vou­lez-vous que ça change ? » sou­pire l’un, qui ne pa­rie pas un ko­peck sur le fait que ce ser­mon por­te­ra ses fruits. De fait, Ma­cron n’a pas sem­blé très in­ti­mi­dé par le rap­pel à l’ordre du Pre­mier mi­nistre, qui lui a adres­sé ce car­ton jaune mar­di : « Il est temps que tout ce­la s’ar­rête ! » Il est même ap­pa­ru très « se­rein » mer­cre­di à sa garde rap­pro­chée, réunie pour ti­rer le bi­lan du mee­ting de la Mu­tua­li­té. « Il sait que Ma­nuel est comme ça. Rude, san­guin, im­pul­sif, tem­père un fi­dèle de Ma­cron. Il sait qu’il a de­man­dé sa tête. »

Aux yeux des vall­sistes, la tape sur les doigts in­fli­gée hier par le pré­sident ne chan­ge­ra donc pas grand-chose. « Ma­cron ne ren­tre­ra pas dans le rang, il fi­ni­ra par sor­tir, il n’y a pas d’autre is­sue pos­sible. Mais il fal­lait le faire main­te­nant ! » sou­pire un élu, ir­ri­té par un Ma­cron qui « ne pense qu’à sa gueule ».

Frus­trés ? Les vall­sistes ont des bleus à l’âme. « C’est Ma­nuel qui fait le bou­lot que Hol­lande ne fait pas, sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té, la loi El Khom­ri… » râle un dé­pu­té proche. Dans l’en­tou­rage du Pre­mier mi­nistre, on rap­pelle que sur l’épi­neux pro­jet de loi Tra­vail, les deux têtes de l’exé­cu­tif étaient to­ta­le­ment « rac­cords ». Mais que c’est à Valls qu’on a re­pro­ché son in­tran­si­geance… Las d’avoir le mau­vais rôle ? Un autre de ses amis abonde : « Fran­che­ment, c’est un Pre­mier mi­nistre hy­per loyal. C’est le seul qui ne joue pas sa carte per­so. Et il ra­masse les coups ! »

De quoi l’in­ci­ter à jouer plus per­so ? Plu­sieurs de ses amis le pressent de pen­ser à lui et de pro­fi­ter de 2017 pour se dé­mar­quer. En toute « loyau­té », bien sûr. « Il faut qu’il in­nove, qu’il marque la cam­pagne pré­si­den­tielle avec ses propres idées. Il va y ré­flé­chir pen­dant ses va­cances », avance l’un. « Je ne vois pas pour­quoi il n’im­po­se­rait pas sa marque, com­plé­men­taire à celle du pré­sident », abonde un autre.

Dé­sor­mais, pensent-ils, Ma­cron n’a qu’à bien se te­nir. La pro­chaine fois, ce se­ra la porte ! « Les dé­cla­ra­tions du pré­sident, faites de fa­çon so­len­nelle le 14 Juillet, fe­ront date. Il a eu rai­son de po­ser les règles, veut croire un fi­dèle de Valls. Si Ma­cron les trans­gresse, il se dé­met­tra de lui-même et ne pour­ra pas jouer la victime ! » « J’at­tends la suite. Il fi­ni­ra par être re­mer­cié et il l’au­ra cher­ché », ajoute le même. Im­pa­tient.

« Ma­nuel Valls est le seul qui ne joue pas sa carte per­so. Et il ra­masse les coups ! »

@Na­tha­lieS­chuck

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