Té­lé­com­mande cas­sée ? Im­pri­mez-la

IN­NO­VA­TION. Poi­gnée de porte, cache-pile, bou­ton de four… Chez Bou­lan­ger, on peut fa­bri­quer soi-même ses ob­jets en 3D.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - AY­ME­RIC RENOU

LA TÉ­LÉ­COM­MANDE du té­lé­vi­seur, scot­chée de fa­çon hi­deuse pour évi­ter que les piles ne s’échappent de­puis que le pe­tit ca­pot en plas­tique a ren­du l’âme dans une chute sur le par­quet, peut dé­sor­mais re­trou­ver son allure ori­gi­nelle. De­puis le 1er juin, l’en­seigne Bou­lan­ger, spé­cia­li­sée dans la dis­tri­bu­tion de produits élec­tro­mé­na­gers et high-tech, per­met en ef­fet à ses clients de fa­bri­quer eux-mêmes leurs pièces dé­ta­chées.

« L’idée nous est ve­nue en no­vembre der­nier, quand un in­for­ma­ti­cien de notre so­cié­té est tom­bé, sur In­ter­net, sur un client qui avait lui-même mo­dé­li­sé et fa­bri­qué un manche en plas­tique d’un poê­lon d’un ap­pa­reil à ra­clette qu’il avait cas­sé, se sou­vient Jean-Phi­lippe Al­lain, res­pon­sable veille et in­no­va­tion de l’en­seigne et ini­tia­teur du ser­vice Hap­py 3D. La pièce en ques­tion n’était tout sim­ple­ment pas dis­po­nible à l’achat à l’uni­té. Nous y avons alors vu un po­ten­tiel in­croyable et avons donc tra­vaillé pour rendre cette tech­no­lo­gie acces- sible au plus grand nombre. »

Les plans nu­mé­riques d’une cen­taine de pièces sont aujourd’hui dis­po­nibles gra­tui­te­ment sur le site In­ter­net Hap­py3D ( www.hap­py3d.fr). Un vrai in­ven­taire à la Pré­vert : poi­gnée de cou­vercle de cas­se­role, sup­port de barre de cintre, bou­ton de plaque de cuis­son ou en­core cache-pile de console de jeux por­table. « Par­mi les plu­sieurs cen­taines de té­lé­char­ge­ments dé­jà réa­li­sés, les bou­tons de fours à mi­cro-ondes sont les plus po­pu­laires, ob­serve JeanP­hi­lippe Al­lain. Nous met­tons en ligne les pièces dé­ta­chées des produits de notre marque Essentiel B, mais la plate-forme ac­cueille aus­si les créa­tions de nos dif­fé­rents clients et celles des autres marques qui le sou­haitent. Nos clients peuvent éga­le­ment faire une demande sur une pièce en par­ti­cu­lier et nous nous char­geons de lui four­nir le fi­chier nu­mé­ri­sé. »

Reste un écueil de taille. Très peu de Fr a nçai s pos s è dent aujourd’hui une im­pri­mante 3D, l’ap­pa­reil qui per­met, à par­tir de plas­tique chauf­fé à blanc, de construire des ob­jets. Plu­sieurs mo­dèles sont dis­po­nibles à la vente, par­mi l es­quels l e Dis­co­ve­ry 2000, d e l a ma r q u e fran­çaise Da­go­ma (299 €), ac­tuel­le­ment l’une des plus abor­dables du mar­ché.

On peut aus­si faire ap­pel à un pres­ta­taire ex­té­rieur, comme on le fait pour réaliser des pho­to­co­pies dans une bou­tique. Des l abo­ra­toires de f abri­ca­tion, « fa­blabs » comme les ap­pellent les spé­cia­listes, pro­posent ce ser­vice pour des prix très mo­diques (une di­zaine d’eu­ros pour une pe­tite pièce). Il suf­fit de ta­per « fa­blab im­pres­sion 3D » et le nom de sa ville dans un mo­teur de re­cherche pour trouver ce­lui le plus proche de son do­mi­cile.

Les plans nu­mé­riques d’une cen­taine de pièces sont dé­jà dis­po­nibles gra­tui­te­ment

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