Des cen­taines de cam­peurs éva­cués en quelques mi­nutes

INCENDIES. Au cam­ping de Tor­reilles-Plage (Py­ré­nées-Orien­tales), le drame a été évi­té de jus­tesse lors­qu’il a fal­lu éva­cuer 800 va­can­ciers de toute ur­gence. De­puis, la so­li­da­ri­té s’or­ga­nise.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Tor­reilles (Py­ré­nées-Orien­tales) De notre cor­res­pon­dant Nan­cy, de Na­mur CLAUDE MASSONNET

ILS ONT TOUT PER­DU mer­cre­di dans l’in­cen­die de leur mo­bile home Y3 du cam­ping le Tri­vo­ly de Tor­reilles-Plage (Py­ré­nées-Orien­tales). Mais ils ont quand même le sou­rire dans leur nouvelle lo­ca­tion. Les va­cances de la fa­mille Cas­sardC­hair, ve­nue de Bel­gique pour une se­maine de rêve au so­leil, ont bru­ta­le­ment bi­fur­qué mer­cre­di vers 15 heures, à l’heure de la sieste, lorsque la si­rène du cam­ping a son­né l’éva­cua­tion des 800 juillet­tistes en maillot de bain.

En tout, ce sont 3 000 per­sonnes sé­jour­nant dans quatre éta­blis­se­ments de plein air qu’il a fal­lu éva­cuer en quelques mi­nutes et gui­der le plus loin pos­sible du front de feu et des fu­mées, c’est-à-dire à la plage. Ils sont par­tis avec ce qu’ils pou­vaient at­tra­per dans l’ur­gence. Soit presque rien. « Mer­cre­di soir, on pleu­rait, on avait en­vie de re­par­tir. Mais on a bien fait de res­ter, vu l’élan de so­li­da­ri­té qui nous en­toure aujourd’hui », ex­plique Nan­cy, tech­ni­cienne de sur­face à Na­mur (Bel­gique). « On a juste eu le temps de prendre nos pa­piers, le chien et de pas­ser à la pis­cine pour at­tra­per les trois filles. Et on est par­ti. On a tout per­du, y com­pris les vê­te­ments neufs, les chaus­sures ache­tées pour les va­cances. Jus­qu’à la roue de se­cours de la voi­ture que j’avais sto­ckée sous le lo­ca­tif. Mais bon, on est en vie », pour­suit Fran- cy, son com­pa­gnon. « Le plus dur, c’est pour les filles. Elles ont per­du leur ar­gent de poche dans le feu », pour­suit-il devant Bé­ré­nice, 14 ans, qui gri­mace gen­ti­ment. Pen­dant des mois, l’ado­les­cente a vait tra­vaillé, des pe­tits bou­lots, pour éco­no­mi­ser une cag not t e . El l e e s t par­tie en fu­mée lorsque le feu est ar­ri­vé de Bar­ca­rès après avoir tra­ver­sé le lit du fleuve Agly. Pous­sé par une vio­lente tra­mon­tane, il a dé­truit 17 mo­bile homes et sept tentes. « Ce­la s’est joué à moins de cinq mi­nutes. Lorsque j’ai vu les flam­mèches qui avan­çaient dans le champ der­rière les mo­bile homes, j’ai com­pris que c’était pour notre cam­ping. Nous avons réus­si à faire sor­tir tout le monde en moins de cinq mi­nutes avant l’ar­ri­vée des pom­piers. Il n’y a pas eu de bles­sés. On ne pou­vait pas lut­ter avec nos moyens », ex­plique Eric Pré­zeau, di­rec­teur du Tri­vo­ly, en par­cou­rant le champ dé­vas­té du quar­tier Y. « Sans le sens de l’ob­ser­va­tion du di­rec­teur, je n’ose même pas ima­gi­ner ce qui se se­rait pas­sé », ajoute Franck Cha­deau, pro­prié­taire de la chaîne Chad’otel.

A la ré­cep­tion du cam­ping, sacs de vê­te­ments, de nour­ri­ture, de pe­luches et de jouets s’amon­cellent pour ai­der ceux dont les ef­fets per­son­nels ont brû­lé. Reste à re­prendre la cours des va­cances et à ou­blier le re­coin du cam­ping où la dé­vas­ta­tion d’après l’in­cen­die donne la juste me­sure de l’in­ten­si­té du feu. Et du drame qui a été évi­té, au mi­lieu des lau­riers-roses.

« On a bien fait de res­ter, vu l’élan de so­li­da­ri­té qui nous en­toure aujourd’hui »

Tor­reilles (Py­ré­nées-Orien­tales), mer­cre­di. Des pom­piers pré­lèvent des dé­bris au­tour d’un mo­bile home dé­truit par l’in­cen­die qui a tou­ché 4 cam­pings.

Tor­reilles (Py­ré­nées-Orien­tales), hier. Fran­cy, ses filles Bé­ré­nice et Jes­si­ca et Nan­cy ont re­trou­vé le sou­rire, après le choc de l’in­cen­die dans le­quel ils ont tout per­du.

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