Et Froome se mit à cou­rir…

Victime d’une chute, Froome a conti­nué à pied avant de trouver un vé­lo. Il a per­du son maillot jaune sur la ligne d’ar­ri­vée mais il l’a ré­cu­pé­ré.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Vai­son-la-Ro­maine (Vau­cluse) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux DA­VID OPOCZYNSKI

VI­DÉOS le­pa­ri­sien.fr IL EST 17 H 52. Sur la ligne d’ar­ri­vée, les nuages ont chas­sé le so­leil. Le pu­blic pa­tiente de­puis près d’une heure à cô­té du po­dium, dans l’in­édit dé­cor d’une ligne d’ar­ri­vée col­lée au cha­let Rey­nard. Après avoir meu­blé avec talent, le spea­keur an­nonce en­fin la dé­ci­sion que tout le monde at­tend : « Il sem­ble­rait que Ch­ris­to­pher Froome conserve son maillot jaune. » Aus­si­tôt, une énorme bron­ca s’élève. Quelques mi­nutes plus tard, le cou- reur de l’équipe Sky monte ef­fec­ti­ve­ment sur le po­dium re­ce­voir sa nouvelle tu­nique. Les huées re­partent de plus belle. A cet ins­tant, l’in­com­pré­hen­sion est to­tale.

Voi­là Froome victime d’un scé­na­rio in­vrai­sem­blable qui l’au­ra vu at­ta­quer Quin­ta­na, se faire ren­ver­ser par une mo­to avant de par­tir seul en cou­rant sur la route, aban­don­nant son vé­lo cas­sé. Dis­tan­cé à l’ar­ri­vée après avoir dû chan­ger une fois en­core de vé­lo avant la ligne, le double vain­queur du Tour a donc, comme Ri­chie Porte qui a chu­té avec lui, été fi­na­le­ment cré- di­té du même temps que Bauke Mol­le­ma qu’ils ac­com­pa­gnaient. Ce ver­dict in­édit du ju­ry des com­mis­saires n’a pas fi­ni de faire parler.

Ma­diot « mal à l’aise »

Ch­ris­tian Prud­homme, le pa­tron du Tour, a as­su­ré « qu’une dé­ci­sion ex­cep­tion­nelle pou­vait s’ex­pli­quer compte te­nu des cir­cons­tances ab­so­lu­ment ex­cep­tion­nelles ». Il faut se sou­ve­nir en ef­fet que la ligne d’ar­ri­vée avait été dé­pla­cée la veille de 6 km à cause de la mé­téo. « Il n’y avait pas d’autre dé­ci­sion pos­sible, rap­pe­lait-il. En dé­but d’après-mi­di, des rafales ont été chro­no­mé­trées à 130 km/h au som­met ! J’ai même vu une ca­ra­vane ren­ver­sée par le vent ! » Dans le fi­nal hier, les or­ga­ni­sa­teurs se sont re­trou­vés confron­tés à un bar­rié­rage très in­fé­rieur à ce­lui dont ils dis­posent ha­bi­tuel­le­ment dou­blé d’un af­flux de spec­ta­teurs.

« La dé­ci­sion prise est juste, a ré­su­mé Dave Brails­ford, ma­na­geur de Sky. Tout le monde était d’ac­cord sur le fait que Ch­ris était le cou­reur le plus fort aujourd’hui (hier). » Certes, mais ce­la n’em­pê­chait pas Marc Ma­diot d’être « mal à l’aise ». « Ce qui est ar­ri­vé est très mal­heu­reux, mais le rè­gle­ment est cen­sé être le même pour tout le monde, lan­çait ain­si le ma­na­geur de la FDJ. Si ce­la était ar­ri­vé à un autre cou­reur, on n’au­rait pas sor­ti ça du cha­peau. Et si on va au bout du rè­gle­ment : on n’a pas le droit de mar­cher sans son vé­lo. » Ni de cou­rir a for­tio­ri, si ce n’est pour écrire une page sup­plé­men­taire de la lé­gende du Ven­toux et du Tour.

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