« Ch­ris­to­pher était dé­goû­té »

Ni­co­las Por­tal,

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Vai­son-la-Ro­maine Propos recueillis par LIONEL CHAMI

Le Fran­çais re­gagne sa voi­ture avec à la main le vé­lo de re­change de Ch­ris Froome qui vient d’être contrô­lé par les com­mis­saires. A un mé­ca­ni­cien qui l’in­forme que le vé­lo ac­ci­den­té et aban­don­né par Froome a été ré­cu­pé­ré, il demande de le porter aus­si au contrôle. En­fin, il ap­prend de la bouche d’un jour­na­liste que le maillot jaune est main­te­nu à son lea­deur, et il re­trouve le sou­rire.

Avez-vous for­mu­lé une ré­cla­ma­tion au ju­ry des com­mis­saires ?

NI­CO­LAS POR­TAL. Je leur ai juste de­man­dé qu’ils m’ex­pliquent parce que je n’avais pas de té­lé, la mienne étant tom­bée en panne. Je vou­lais qu’ils re­gardent leurs vi­déos et qu’ils prennent en consi­dé­ra­tion mon point de vue, à sa­voir que cet in­ci­dent n’avait rien à voir avec un fait de course mais qu’il était la consé­quence de l’or­ga­ni­sa­tion de l’évé­ne­ment.

Qu’est-il ar­ri­vé à Ch­ris Froome ?

A en­vi­ron 2 km de l’ar­ri­vée, la mo­to­ca­mé­ra­man s’est re­trou­vée face à un mur de spec­ta­teurs et elle est tom­bée. Les cou­reurs qui sui­vaient, Ch­ris, Ri­chie Porte et Bauke Mol­le­ma se sont em­pi­lés sur la mo­to et sur le pu­blic. Ch­ris et Ri­chie ont eu un problème avec leur vé­lo. Ri­chie est res­té long­temps au sol.

Pour­quoi Ch­ris Froome n’a-t-il pas pu être dé­pan­né im­mé­dia­te­ment ?

Son vé­lo était cas­sé. Il a com­men­cé à cou­rir avec. Notre voi­ture était blo­quée der­rière, dans l’im­pos­si­bi­li­té de pas­ser. La voi­ture neutre de dé­pan­nage était une mi­nute devant nous et une mi­nute der­rière Ch­ris. Elle a mis énor­mé­ment de temps à re­mon­ter jus­qu’à lui parce qu’il n’y avait que l’es­pace d’un vé­lo pour pas­ser. Quand il en ré­cu­père fi­na­le­ment un, il avait dé­jà deux mi­nutes de re­tard. Mais les pé­dales n’étaient pas les bonnes, Ch­ris n’a pas pu clip­per ses chaus­sures des­sus. C’était la ca­tas­trophe, quoi. C’est là que nous sommes ar­ri­vés.

Dans quel état d’es­prit était-il après l’ar­ri­vée ?

Dé­goû­té, tout sim­ple­ment. Dans le Ven­toux, on a pris nos res­pon­sa­bi­li­tés. Il trouve le che­min avec Porte et Mol­le­ma, il avait 16’’ ou 17’’ d’avance. Puis tout à coup, un in­ci­dent sans rap­port avec le sport ou les condi­tions cli­ma­tiques vient tout faus­ser. On veut bien qu’il y ait des chutes, on fait un sport ex­trême. Mais quand c’est l’évé­ne­ment lui-même… C’est comme si lors d’une fi­nale de Coupe du monde, le pu­blic ren­trait sur la pe­louse et com­men­çait à ti­rer les chaus­sures des foot­bal­leurs.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.