Pre­mières plaintes contre Mo­ran­di­ni

SCAN­DALE. Alors que l’ani­ma­teur ne ren­tre­ra en France que dans quelques jours, plu­sieurs plaintes vont être dé­po­sées contre lui.

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Me Laurent Cailloux-Meu­rice, avo­cat de Jo­na­than Louis SANDRINE BAJOS

À CHAQUE JOUR, son lot de ré­vé­la­tions sur ce qu’il convient dé­sor­mais d’ap­pe­ler « l’af­faire Mo­ran­di­ni ». De­puis la pu­bli­ca­tion mer­cre­di, par « les In­ro­ckup­tibles », d’une en­quête sur ses pratiques vis-à-vis de jeunes co­mé­diens à l’oc­ca­sion du cas­ting et du tour­nage de la web­sé­rie « les Fau­cons » qu’il pro­duit, l’ani­ma­teur d’Eu­rope 1 est dans la tour­mente mé­dia­tique. Se­lon de nom­breux té­moi­gnages, il au­rait abu­sé de son sta­tut pour in­ci­ter les ac­teurs à se dé­nu­der et à se li­vrer à des at­ti­tudes sca­breuses. Et cer­tains co­mé­diens n’au­raient pas été ré­mu­né­rés pour leur pres­ta­tion.

Hier, la ma­chine ju­di­ciaire s’est mise en marche. Le co­mé­dien Jo­na­than Louis, qui té­moi­gnait dans nos co­lonnes pour dé­non­cer les mé­thodes de Jean-Marc Mo­ran­di­ni, nous a an­non­cé qu’il al­lait porter plainte contre l’ani­ma­teur pour « harcèlement sexuel et tra­vail dis­si­mu­lé », une dé­marche qui de­vrait être ef­fec­tuée dans les deux se­maines. C’est fi­na­le­ment Me Laurent Cailloux-Meu­rice, spé­cia­liste en droit du tra­vail, qui re­pré­sen­te­ra le jeune homme de 26 ans. « A ce jour, j’ai été man­da­té par Jo­na­than Louis pour en­ta­mer une ac­tion ju­di­ciaire contre M. Mo­ran­di­ni et je suis en contact avec d’autres vic­times car notre ac­tion au­ra plus de poids », nous a confir­mé l’avo­cat. Dans cette af­faire, pré­cise-t-il, « deux vo­lets sont in­ti­me­ment liés car si ces jeunes co­mé­diens ont ac­cep­té ces hu­mi­lia­tions, c’est qu’ils pensaient tous que cette sé­rie all ait l an­cer l eur car­rière ».

Le pre­mier vo­let porte sur le droit du tra­vail « puisque mon client n’a pas si­gné de contrat, n’a pas été dé­cla­ré et n’a pas été payé ». Et ce alors que « l’offre d’em­ploi pré­ci­sait bien que ce tra­vail était ré­mu­né­ré ». L’homme de loi nous in­dique qu’il va sai­sir le con­seil de prud’hommes, l’au­to­ri­té com­pé­tente pour tout li­tige entre l’em­ployeur et son em­ployé.

« Dans le même temps, nous allons dé­po­ser plainte au pé­nal pour harcèlement sexuel. La po­lice pren­dra le re­lais et lan­ce­ra une en­quête », pour­suit Me Laurent Cailloux-Meu­rice. Se­lon les té­moi­gnages de Jo­na­than Louis, l’ani­ma­teur lui au­rait de­man­dé de se mettre nu dans son bu­reau et l’au­rait lui-même pris en pho­to. Il lui au­rait mon­tré des vi­déos d’autres ac­teurs se mas­tur­bant et éja­cu­lant pour « le pous­ser à al­ler plus loin » dans son jeu d’ac­teur. En droit fran­çais, in­siste son avo­cat, « il existe une no­tion fon­da­men­tale, c’est celle de vul­né­ra­bi­li­té. Et dans cette af­faire, cette no­tion est es­sen­tielle ».

Me Laurent Cailloux-Meu­rice nous pré­cise que les dom­mages et in­té­rêts qu’il de­man­de­ra « au titre du har­cè- le­ment sexuel dé­pen­dront, no­tam­ment, de l’im­pact psy­cho­lo­gique su­bi par cha­cune des vic­times mais qu’en tout état de cause, il existe un pré­ju­dice mo­ral in­dé­niable ».

Quant à Jean-Marc Mo­ran­di­ni, qui ne s’est plus ex­pri­mé de­puis mar­di, il est se­lon nos in­for­ma­tions toujours aux Etats-Unis et ne ren­tre­ra en France que ce week-end. Il est at­ten­du par son em­ployeur, Eu­rope 1, mais aus­si par i>té­lé et NRJ 12, deux chaînes où il de­vait dé­bu­ter à la ren­trée, qui sou­haitent connaître sa ver­sion de l’af­faire.

« Nous allons dé­po­ser plainte au pé­nal pour harcèlement sexuel »

le­pa­ri­sien.fr Le té­moi­gnage de Jo­na­than

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