Clé­ment, conteur et pay­san oc­ci­tan

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« Adiu. Quò vai ? » « Bon­jour. Comment ça va ? » Ce n’est pas un pa­py, mais un jeune gars coif­fé d’un bé­ret qui nous sa­lue hier près de la vieille halle de Mar­tel. Clé­ment Bous­ca­rel, 33 ans, parle l’oc­ci­tan mieux que beau­coup d’an­ciens du Quer­cy. « J’aime la langue fran­çaise, nous ras­su­ret-il, mais l’oc­ci­tan a été par­lé ici pen­dant plus de mille ans. Ce fut la pre­mière langue écrite après le la­tin. Comme toutes les langues, ce se­rait dra­ma­tique qu’elle meure. » Conteur et pay­san « en­ga­gé », il a fait de la dé­fense de la langue oc­ci­tane en général et du dia­lecte lan­gue­do­cien en par­ti­cu­lier un com­bat pa­ci­fique. « J’ai toujours en­ten­du mon grand-père ra­con­ter des histoires à la maison, dit-il. Mais à son époque, l’oc­ci­tan était mal consi­dé­ré. Il vou­lait que je parle fran­çais, la langue de la réus­site. Mais j’ai toujours été plus du cô­té des In­diens que des cow-boys. Je l’obli­geais à me parler en oc­ci­tan. » Clé­ment est ve­nu au conte par un concours de cir­cons­tances. « Je tra­vaillais dans un vil­lage de va­cances et, un soir, on m’a de­man­dé d’ani­mer une soirée. J’ai re­vi­si­té les histoires que j’avais en­ten­dues. Le Quer­cy est une telle terre de lé­gendes. Je les ai as­sai­son­nées de mots oc­ci­tans et ça a plu, même aux étran­gers. Quelle puis­sance de dire une his­toire ! » Ra­con­teur voya­geur (NDLR : on trouve son pro­gramme sur son site Cle­ment­bous­ca­rel.virb.com), il prend plai­sir à faire re­ve­nir l’oc­ci­tan dans les écoles. « Il y a eu du pro­grès de ce cô­té-là. Mais on au­ra vrai­ment sau­vé l’oc­ci­tan le jour où on twee­te­ra en oc­ci­tan. » Il y a trois ans, il a res­sen­ti le be­soin de re­tour­ner à la terre. « J’y suis très at­ta­ché et je la traite avec res­pect, dit-il. Dans ma ferme, je fais beau­coup — ca­nards, vignes, noix, maïs, abeilles — mais en pe­tite quan­ti­té. Cap de raice, cap de flor. » « Pas de ra­cines, pas de fleurs. »

« J’ai toujours été plus du cô­té des In­diens que des cow-boys »

Cham­pion… de la tonte de mou­ton

Mar­tel. Clé­ment a pris goût aux vieilles histoires oc­ci­tanes au­près de son grand-père.

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