« L’émo­tion est très forte par­mi le staff »

Sté­pha­nie Simp­son,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - CH.B.

SON TÉ­LÉ­PHONE POR­TABLE n’ar­rête pas de son­ner. Elle ré­pond en fran­çais, en an­glais. Et ça fait dix-huit heures que ça dure. Sté­pha­nie Simp­son, di­rec­trice de la com­mu­ni­ca­tion de l’hô­pi­tal Len­val, « est dé­bor­dée », in­dique son col­lègue de l’ac­cueil à tous ceux qui veulent la voir. Dans cet hô­pi­tal qui donne sur la pro­me­nade des An­glais, « on tient bon, même si on n’a pas beau­coup dor­mi », confie-t-elle.

« L’émo­tion est très forte aus­si par­mi le staff. Des in­fir­mières connaissent des en­fants bles­sés. J’étais moi-même au feu d’ar­ti­fice avec mes en­fants et de la fa­mille : au mo­ment des at­taques, on ve­nait de ren­trer parce qu’un vent frais s’était le­vé. J’avais re­çu une goutte de pluie sur l’écran de mon té­lé­phone pen­dant que je fai­sais des photos pour im­mor­ta­li­ser cette joie en fa­mille. Quand j’ai ap­pris ce qui s’était pas­sé, j’ai hé­ber­gé des gens qui cher­chaient un abri, et puis j’ai re­çu le SMS de dé­clen­che­ment du plan Blanc. Je fais par­tie de la cel­lule de crise, je suis par­tie tout de suite. »

Et, mal­gré la fa­tigue, mal­gré les larmes qui ar­rivent sans crier gare, les soi­gnants et l’ad­mi­nis­tra­tion ont ten­té toute la jour­née de faire face de­vant les proches des en­fants bles­sés. « Cer­tains sont comme des ro­bots, en état de stu­peur, sans par­ve­nir à com­prendre ce qui vient de se pas­ser, dé­crit-elle. Je les com­prends : leur en­fant est à terre, alors que, l’ins­tant d’avant, ils le pre­naient en photo en riant… comme moi. »

Nice, hier. Sté­pha­nie Simp­son fai­sait par­tie de la cel­lule de crise à l’hô­pi­tal mais a aus­si hé­ber­gé chez elle des gens à la re­cherche d’un abri.

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