Les blouses blanches au front

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET -

Tant de morts, de bles­sés, de corps meur­tris, dont ceux de nom­breux en­fants. Des gestes d’ur­gence vi­tale qu’on en­chaîne, concen­tré. Mé­de­cine de guerre : comme en un dou­lou­reux bé­gaie­ment de la nuit pa­ri­sienne du 13 No­vembre, les mêmes mots re­viennent dans la bouche des soi­gnants qui se sont mo­bi­li­sés sans comp­ter, toute la nuit à Nice. Jus­qu’aux étu­diants en mé­de­cine, ve­nus pro­po­ser leur aide. Chi­rur­gien uro­logue à l’hô­pi­tal Pas­teur de Nice, et di­rec­teur de « What’s Up Doc », ma­ga­zine des jeunes mé­de­cins, Mat­thieu Du­rand s’est re­trou­vé comme beau­coup au front dans la nuit. D’as­treinte, il ve­nait de ren­trer chez lui quand des pre­miers mes­sages lui sont par­ve­nus. Un peu plus tard, un coup de fil au bloc lui fait com­prendre, au seul ton de voix de ce­lui qui dé­croche, que « c’est le feu ». Le plan Blanc est dé­clen­ché, sur Nice puis sur An­tibes, qui ac­cueille­ra une quin­zaine de bles­sés dans la nuit. Con­crè­te­ment, ce­la si­gni­fie « que l’on rap­pelle tout le per­son­nel en congé, en RTT et lui de­mande de re­ve­nir tra­vailler, si pos­sible, pour gé­rer l’ur­gence. Que l’on

Les soi­gnants aus­si sont cho­qués

A l’hô­pi­tal Pas­teur, où Mat­thieu Du­rand dé­boule, « il y avait l’ar­mée de­vant, des bles­sés par­tout, en pa­nique, dans le sas des ur­gences ». Pen­dant quatre heures d’af­fi­lée, lui aus­si mar­qué par la vio­lence des scènes, le chi­rur­gien opère, loin des gestes de sa spé­cia­li­té. « C’est un contre-la-montre. Pas le temps pour

Mat­thieu Du­rand a opé­ré quatre heures du­rant pour pa­rer aux ur­gences vi­tales.

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