« Dans son sillage, c’était un champ de ca­davres »

Pierre Rous­seau,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Propos re­cueillis par GUILLAUME GEORGES

Ni­çois et pho­to­graphe de pro­fes­sion, Pierre Rous­seau était ve­nu as­sis­ter au feu d’ar­ti­fice « pour son plai­sir ». Alors qu’il al­lait quit­ter les lieux, près de l’hô­tel Ne­gres­co, il a as­sis­té au pas­sage du ca­mion sur la pro­me­nade des An­glais. Ses photos (comme celle ci-contre à gauche) té­moignent de l’hor­reur ab­so­lue de jeu­di soir. Son ré­cit éga­le­ment. « Comme tout bon Ni­çois, j’étais al­lé voir le feu d’ar­ti­fice avec ma femme. On avait ga­ré notre deux-roues sur la pro­me­nade des An­glais. Le spec­tacle fi­ni, on est tran­quille­ment re­ve­nu à pied jus­qu’au scoo­ter. Nous al­lions mettre nos casques quand j’ai vu dé­bou­ler un ca­mion et quand j’ai en­ten­du des hur­le­ments et des bruits de casse. De­vant moi, ce poids lourd a dé­fon­cé un ré­ver­bère, il a vou­lu mon­ter sur le trot­toir, mais il ne pou­vait pas, puis il est re­pas­sé sur la rue. J’ai cou­ru der­rière. Dans son sillage, c’était un champ de ca­davres… A par­tir du mo­ment où je l’ai vu, il a dû par­cou­rir 300 m en­vi­ron. Mais c’est là qu’il a fait le plus de dé­gâts parce qu’il est ren­tré dans une foule qui était en­core dense. Je me suis d’abord dit : Il est fou, qu’est-ce qu’il fait là ? Il a per­du le contrôle de son ca­mion ? Et puis, j’ai as­sez vite pen­sé à un at­ten­tat : il ne frei­nait pas, il rou­lait très vite. J’ai tout de suite com­pris qu’il y au­rait beau­coup de vic­times. J’ai vu des corps qui ne bou­geaient plus, des corps écar­te­lés… Pour moi, il y avait dé­jà au moins trente morts. Sauf que je ne sa­vais pas en­core qu’il avait com­men­cé son par­cours deux ki­lo­mètres plus haut et qu’il avait dé­jà fau­ché des gens. C’est une hor­reur, une hor­reur… »

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