« Par­tir à l’étran­ger pour­rait faire du bien »

Nel­son,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - HÉ­LÈNE DAUSCHY

« C’EST CHOQUANT ce qu’il se passe au­jourd’hui. » Sur le par­vis du centre Georges-Pom­pi­dou (Pa­ris, IVe), hier après-mi­di, l’heure était pour­tant à la détente pour Ju­lie, Mé­li­sande, Nel­son et Ca­mille. On dis­cute pro­jets et ave­nir. Mé­li­sande, ma­ri­nière sur le dos, se ver­rait bien ache­ter un ap­par­te­ment dans cet ar­ron­dis­se­ment du centre de Pa­ris. « On ne peut pas ar­rê­ter de vivre », lance la jeune fille sou­riante qui, lors­qu’elle prend un verre en ter­rasse, est tout de même moins in­sou­ciante : « Quand j e m’as­sieds, ce qui s’est pas­sé le 13 No­vembre me tra­verse l’es­prit. »

L’at­ten­tat du RER B à Port-Royal en 1996, ils en ont en­ten­du par­ler. Ceux du 11 sep­tembre 2001 aux Etats-Unis, ils s’en sou­viennent. Mais c’était loin. Le qua­tuor, des jeunes de 21 à 24 ans, est tou­te­fois conscient de ce qui est en train de se pro­duire en France. Le dé­clic : la tra­gé­die du Ba­ta­clan. Dans le groupe d’amis, ve­nu de Montpellier pour les va­cances, cha­cun s’ac­corde à dire que c’est à ce mo­ment que tout a bas­cu­lé. « Les at­ten­tats en jan­vier 2015 nous sem­blaient loin. Qu’il s’agisse de Char­lie Heb­do ou de l’Hy­per Ca­cher, les cibles étaient pré­cises », com­mente Nel­son. « Les at­ten­tats du 13 No­vembre vi­saient tout le monde et per­sonne. En ter­rasse ou en concert, ils vi­saient la jeu­nesse ; la nôtre », pour­suit son amie Ca­mille. Mais ces at­ten­tats étaient à Pa­ris. Loin de chez eux donc.

De­puis jeu­di, ils réa­lisent que ces at­taques peuvent tou­cher tout le monde… par­tout. « C’est ar­ri­vé à Nice, qui n’est pas un lieu sym­bo­lique comme Pa­ris et ses ins­ti­tu­tions », s’in­quiète Mé­li­sande. Nel­son, lui, en­vi­sage son ave­nir en de­hors de la France : « Le cli­mat est ten­du. Par­tir à l’étran­ger pour­rait faire du bien. C’est égoïste, je le sais, re­con­naît le jeune homme étu­diant en amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, mais je ne vois pas ce que je peux ap­por­ter en plus ici. »

Pour eux, tout a bas­cu­lé le soir du 13 No­vembre

Mu­sée Beau­bourg, Pa­ris (IVe), hier. Jus­qu’à jeu­di soir, les Mont­pel­lié­rains Ju­lie, Mé­li­sande, Nel­son et Ca­mille pen­saient que le ter­ro­risme ne tou­chait que Pa­ris.

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