La so­li­da­ri­té, comme un ré­flexe sur les ré­seaux so­ciaux

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Ben, sur Twit­ter CH­RIS­TINE MATEUS

LES NI­ÇOIS ont ou­vert leur gîte, hier soir, aux sur­vi­vants désem­pa­rés, pa­ni­qués, par l’at­ten­tat sur­ve­nu à Nice. La clé de leur mai­son n’était autre que Twit­ter, le ha­sh­tag #Por­tesOu­ver­tesNice les in­vi­tant à fran­chir le seuil. Spon­ta­né­ment, sur ce ré­seau so­cial, ils ont of­fert une chambre à ceux qui pos­taient des mes­sages té­moi­gnant ne pas en trou­ver, ou sim­ple­ment un re­fuge alors que les au­to­ri­tés de­man­daient aux ha­bi­tants de res­ter cloî­trés chez eux. « Je peux ac­cueillir du monde sur Nice Nord faites signe si be­soin. #Por­tesOu­ver­tesNice » ; « #Por­tesOu­ver­tesNice J’ha­bite au port, si cer­tains sont dans la rue et n’ont pas d’en­droit où al­ler » ; « De la place chez nous, Nice ouest, cor­niche fleu­rie #Por­tesOu­ver­tesNice »…

La so­li­da­ri­té s’est dé­sor­mais im­po­sée à tous comme un ré­flexe, forts de notre cruelle ex­pé­rience face à la bar­ba­rie. Of­frir un en­droit sûr l orsque l ’ ex­té­rieur de­vient meur­trier : après les at­ten­tats de Pa­ris et de Saint-De­nis, cette ini­tia­tive avait émer­gé pour lais­ser aux té­moins de l’hor­reur un lit ou un ca­na­pé pour se po­ser, un coin de table pour boire un ca­fé chaud ou juste pour par­ler en at­ten­dant des heures moins sombres.

Des membres du cler­gé ont éga­le­ment fait cette pro­po­si­tion sur Twit­ter : « A Nice, vous trou­ve­rez des #por­te­sou­vertes dans les mai­sons mais aus­si dans les églises où vous trou­ve­rez du si­lence. »

Jeu­di soir, les taxis ni­çois ont éga­le­ment cir­cu­lé toutes la nuit gra­tui­te­ment, une ac­tion sa­luée par les twit­tos dont Ben : « L’His­toire a re­te­nu les taxis de la Marne, l’ac­tua­li­té nous rap­pelle la so­li­da­ri­té des #TaxisNi­çois. Bra­vo ! »

« Vous vou­lez don­ner un coup de main, mais vous ne sa­vez pas en­core comment ? Vous êtes à la re­cherche d’un proche ? Vous vou­lez écrire un hommage ? » : comme après les inon­da­tions d’oc­tobre, le jour­nal lo­cal « Nice-Ma­tin » a ou­vert un groupe Fa­ce­book d’en­traide où des photos de per­sonnes re­cher­chées sont af­fi­chées. Sur ce point pré­cis, un ha­sh­tag spé­ci­fique est ap­pa­ru aus­si sur Twit­ter peu après mi­nuit, #Re­cher­cheNice, re­cen­sant ra­pi­de­ment des di­zaines de noms et de vi­sages de per­sonnes dis­pa­rues.

Fa­ce­book a lui per­mis de re­trou­ver un bé­bé de 8 mois, dis­pa­ru pen­dant plus d’une heure. La fa­mille avait alors pos­té la photo de l’en­fant, qui fut lar­ge­ment par­ta­gée. Il a été re­trou­vé in­demne et c’est aus­si par ce ré­seau so­cial que sa sau­veuse, Ca­the­rine, en fut re­mer­ciée, elle « qui a eu le ré­flexe de le prendre pour le mettre à l’abri ».

« L’His­toire a re­te­nu les taxis de la Marne, l’ac­tua­li­té nous rap­pelle la so­li­da­ri­té des #TaxisNi­çois. Bra­vo ! »

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