« Don­ner son sang, la seule chose qu’on puisse faire »

Na­tha­lie,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Cré­teil (Val-de-Marne) Fa­brice, un étu­diant ve­nu don­ner son sang RÉBECCA KHANANIÉ ET C.P.

« J’AVAIS DANS LA TÊTE de don­ner mon sang de­puis le Ba­ta­clan », té­moigne Vé­ro­nique, hier de­vant l’Eta­blis­se­ment fran­çais du sang (EFS) à Cré­teil (Val-deMarne). Ses yeux s’em­plissent de l armes : « Mes pe­tits- en­fants étaient au feu d’ar­ti­fice sur la pro­me­nade des An­glais. J’ai pas­sé une nuit terrible. Alors j’ai dé­ci­dé : Cette fois, j’y vais. » Comme cette grand-mère ori­gi­naire de Cré­teil, ils étaient dé­jà 30 Val-deMar­nais à avoir fait le dé­pla­ce­ment à mi­di, au len­de­main de l’at­ten­tat de Nice. Trois fois plus que d’ha­bi­tude, mal­gré les re­com­man­da­tions de l’ESF in­vi­tant les don­neurs de Nice et de toute la France à at­tendre quelques jours.

« Une fa­çon de lut­ter. Sans prendre les armes »

Car mal­gré l’af­flux de bles­sés, « le ni­veau de ré­serve des pro­duits san­guins de la ré­gion Alpes-Mé­di­ter­ra­née » s’est ré­vé­lé suf­fi­sant pour faire face aux be­soins dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di, in­dique l’EFS. Plu­tôt que d’un af­flux mas­sif et immédiat de don­neurs, dif­fi­cile à ca­na­li­ser, l’EFS rap­pelle que c’est les jours pro­chains et sur­tout dans la du­rée qu’il im­porte de res­ter mo­bi­li­sé et de faire don d’un peu de soi.

Mais à Cré­teil, ni ces ins­truc­tions, ni les longues heures à pas- ser dans la salle d’at­tente les yeux ri­vés sur la té­lé­vi­sion qui dif­fuse en boucle des images du drame n’ébranlent la motivation de ceux qui se sont dé­pla­cés. Après la pi­qûre, Na­tha­lie, 45 ans, de Join­ville, ne se re­met tou­jours pas des évé­ne­ments : « On avait un beau mou­ve­ment de France en­semble, après l’Euro. La re­tom­bée dans l’hor­reur est bru­tale. »

Et de pour­suivre : « C’est af­freux d’être pas­sif, spec­ta­teur de l’atro­ci­té. Même si je sais que c’est sym­bo­lique, don­ner son sang c’est la seule chose qu’on puisse faire en tant qu’ano­nyme. » Fa­brice, un étu­diant ha­bi­tué à don­ner son sang, est ve­nu avec sa mère : « Au­jourd’hui, mon don prend u n e a u t r e d i me n s i o n . C ’ e s t une fa­çon de lut­ter. Sans prendre les armes. » Dix mille dons, de tous les groupes san­guins, sont né­ces­saires chaque jour pour que l’EFS ait des ré­serves de pro­duits à ni­veau. La carte des lieux de pré­lè­ve­ments les plus proches de chez soi est dis­po­nible sur le site Don­du­sang.net.

Cré­teil (Val-de-Marne), hier. « C’est af­freux d’être pas­sif », ex­plique Na­tha­lie, 45 ans, ve­nue de Join­ville.

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