« J’étais in­quiet pour ma fille et mon petit-fils »

Ro­ber­to Ala­gna,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Propos re­cueillis par SÉ­VE­RINE GAR­NIER

Ro­ber­to Ala­gna a pas­sé la nuit de jeu­di à ven­dre­di dans l’in­quié­tude. « Ma fille Or­nel­la et mon petit-fils sont en va­cances dans le sec­teur d’An­tibes, nous confiait hier le té­nor fran­çais de 53 ans. Je les ai ap­pe­lés à mi­nuit. Ils ne ré­pon­daient pas. Je me suis dit : Pour­vu qu’ils ne soient pas al­lés à Nice pour le feu d’ar­ti­fice… J’étais en pa­nique. Je pense aux gens qui ont vé­cu ce­la et qui ont per­du des proches, j’éprouve une grande souf­france, c’est hor­rible. » Le 14 juillet 2005, Ro­ber­to Ala­gna avait chan­té « la Mar­seillaise » pour la Fête na­tio­nale. « C’était un mo­ment im­por­tant pour quel­qu’un comme moi : un en­fant is­su de l’im­mi­gra­tion ita­lienne qui a réus­si une par­faite in­té­gra­tion. Qui est cet homme qui a com­mis ces hor­reurs ? Un homme en mal d’in­té­gra­tion qui s’est re­tour­né vers le fa­na­tisme ? Se sen­tir re­je­té, je sais ce que c’est. Je suis le seul de ma fa­mille à être né en France. J’étais un étran­ger dans ma fa­mille et un étran­ger dans mon pays. J’ai un prénom et un nom qui ne sonnent pas fran­çais. On se sent trans­pa­rent, inu­tile. Le chant m’a sau­vé. J’ai pu mon­trer qui j’étais, je suis de­ve­nu in­té­res­sant. Oui, l’in­té­gra­tion n’est pas fa­cile. A Cli­chy-sous-Bois, dans mon quar­tier, nous étions tous des en­fants is­sus de l’im­mi­gra­tion : Ita­liens, Es­pa­gnol, Magh­ré­bins, etc. Moi, j’étais le Ri­tal. On a tou­jours peur de ce qui est dif­fé­rent, mais il faut jus­te­ment se rap­pro­cher de l’autre pour mieux ap­prendre à le connaître. »

Le chan­teur fran­co-ita­lien Ro­ber­to Ala­gna.

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