Le tou­risme frap­pé de plein fouet

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Ju­lien Rie­ra, di­rec­teur gé­né­ral de l’Union pour l’en­tre­prise dans les Alpes-Ma­ri­times CA­THE­RINE GAS­TÉ

PAR­MI LES VIC­TIMES du car­nage de jeu­di soir, des Amé­ri­cains, des Tu­ni­siens, des Suisses, des Al­le­mands… Nice, haut lieu tou­ris­tique de la Côte d’Azur, pri­sé par les va­can­ciers fran­çais, mais aus­si étran­gers, est sous le choc. La pro­me­nade des An­glais, qui longe sur plus de 7 km le bord de mer et qui abrite de nom­breux com­merces (pa­laces, hô­tels, res­tau­rants, etc.), a d’ailleurs été fer­mée, hier, pour une du­rée in­dé­ter­mi­née. « En frap­pant la Pro­me­nade, on frappe un sym­bole in­ter­na­tio­nal du rayon­ne­ment de Nice », a dé­cla­ré son anc i e n mai r e Chr i s t i a n Es t r o s i , au­jourd’hui pre­mier ad­joint et pré­sident de la ré­gion Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur.

Pas une rue, pas un hô­tel, pas un ca­fé de la ville, pour­tant ré­pu­tée pour être la plus sé­cu­ri­sée de France, où le choc de cette nuit de cau­che­mar n’est ve­nu han­ter les conver­sa­tions. « Dans le sec­teur du tou­risme, l’heure n’est pas à faire les comptes, mais à ap­por­ter des sou­tiens », dé­clare, avec une cer­taine émo­tion, Ju­lien Rie­ra, le di­rec­teur gé­né­ral de l’Union pour l’en­tre­prise qui re­groupe, dans les Alpes-Ma­ri­times, le Me­def et la CGPME. Mais, « bien évi­dem­ment, les craintes de len­de­mains dif­fi­ciles, et de com­merces tour­nant au ra­len­ti, sont très fortes ».

Avec près de 5 mil­lions de per­sonnes ac­cueillies en 2015 (c’est, après Pa­ris, la ville de France qui re­çoit le plus de vi­si­teurs chaque an­née), Nice re­pré­sente à elle seule 40 % des flux tou­ris­tiques de la Côte d’Azur, se­lon l’of­fice de tou­risme de la ville, et capte 1,5 Md€ de re­tom­bées éco­no­miques chaque an­née. Et l’im­pact né­ga­tif d’une telle at­taque sur une clien­tèle com­po­sée pour plus de la moi­tié de Fran­çais ai­sés en va­cances, mais aus­si par nombre d’Amé­ri­cains, de Russes, de Bri­tan­niques (voir carte ci-contre) à « fort pou­voir d’achat » at­ti­rés par la my­thique « French Ri­vie­ra », risque d’être im­mé­diat pour l’ac­ti­vi­té lo­cale (150 000 em­plois, di- rects ou in­di­rects, liés au tou­risme sur la Côte d’Azur). Sur­tout quand on sait qu’en moyenne un tou­riste fran­çais dé­pense 63 € par jour alors qu’un étran­ger, lui, dé­pense 97 €.

Perdre cette cl i en­tèle s erait donc par­ti­cu­liè­re­ment dom­ma­geable. C’est d’ailleurs ce qui est ar­ri­vé avec celle ve­nant de l’autre cô­té de l’At­lan­tique : de­puis les at­ten­tats pa­ri­siens de 2015, la Ri­vie­ra a per­du une par­tie de sa clien­tèle amé­ri­caine, très sou­cieuse de ses condi­tions de sé­cu­ri­té (lire ci-des­sous).

Tôt hier ma­tin, ce VRP des pa­trons de la Côte d’Azur a fait le tour des syn­di­cats pro­fes­sion­nels du tou­risme et des trans­ports pour ten­ter « de col­lec­ter des in­for­ma­tions sur le res­sen­ti des uns et des autres ». Beau­coup de ca­fe­tiers ni­çois re­doutent que les tou­ristes dé­sertent les lieux où l’on se ras­semble. D’autres, les res­tau­ra­teurs no­tam­ment, se de­mandent si cer­tains ne vont pas res­ter cal­feu­trés chez eux, écour­ter leur sé­jour ou faire leurs va­lises après un tel évé­ne­ment. Sans comp­ter des an­nu­la­tions en masse faites dès hier dans les hô­tels de la ville (200 éta­blis­se­ments, 10 000 chambres), rap­porte un syn­di­cat hô­te­lier ni­çois. « C’est la même réa­li­té dans tous les pays frap­pés par les at­ten­tats : ce­la dis­suade les tou­ristes de ve­nir pour un cer­tain temps », constate gra­ve­ment Ju­lien Rie­ra, pour­tant per­sua­dé que « Nice comme Pa­ris après les at­ten­tats se re­lè­ve­ra et re­par­ti­ra vite de l’avant ».

« C’est la même réa­li­té dans tous les pays frap­pés par les at­ten­tats »

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