« Les ré­ser­va­tions com­men­çaient tout juste à se re­dres­ser »

Di­dier Ari­no,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Propos re­cueillis par JILA VAROQUIER

Pro­tou­risme est un ca­bi­net d’études et de conseil en tourisme. Son di­rec­teur gé­né­ral re­doute l’im­pact de l’at­ten­tat de Nice sur les pro­chaines ré­ser­va­tions des tou­ristes étran­gers.

Quelles se­ront les consé­quences éco­no­miques pour la ré­gion après la tue­rie de jeu­di soir ?

DI­DIER ARI­NO. C’est terrible pour un ter­ri­toire dont l’économie ma­jeure est le tourisme. La Côte d’Azur re­pré­sente à elle seule 1 % du tourisme mon­dial. Elle est le sym­bole de la des­ti­na­tion de vil­lé­gia­ture, de l’in­sou­ciance, du plai­sir et des va­cances à la fran­çaise. Pour la clien­tèle in­ter­na­tio­nale, la France, c’est Pa­ris et la Côte d’Azur.

Qu’est-ce qui vous in­quiète le plus ?

Ce ne sont pas tant les an­nu­la­tions que les non-ré­ser­va­tions à ve­nir, prin­ci­pa­le­ment des tou­ristes étran­gers. Certes, il y au­ra un peu moins de lo­ca­tions cet été, mais les cam­pings par exemple sont dé­jà pleins. Le ter­ri­toire ne dé­pend pas que de la pé­riode es­ti­vale. Le mois d’août ne re­pré­sente que 14 % des nui­tées. En re­vanche, la Côte d’Azur ac­cueille des vi­si­teurs d’avril à oc­tobre. 48 % de la clien­tèle est étran­gère, dont 28 % non eu­ro­péenne. Or, plus on est loin, plus le mi­roir est gros­sis­sant et plus l’im­pact de ces évé­ne­ments est fort pour ces clien­tèles.

La Côte d’Azur avait-elle su­bi des consé­quences à la suite des at­ten­tats de no­vembre ?

Oui. Entre les évé­ne­ments tra­giques et les grèves, elle a connu le plus mau­vais mois d’avril de­puis vingt ans au ni­veau de la fré­quen­ta­tion glo­bale des hé­ber­ge­ments mar­chands et elle en­re­gis­trait un dé­fi­cit de 15 % sur ses ré­ser­va­tions long-cour­riers (Chi­nois, Amé­ri­cains, etc.). Cer­taines as­su­rances amé­ri­caines re­fu­saient par exemple de cou­vrir les dé­parts en France pen­dant l’état d’ur­gence. Des tour-opé­ra­teurs asia­tiques ont es­sayé de contour­ner le pro­blème, en évi­tant la ca­pi­tale et en pas­sant par la pro­vince. Les ré­ser­va­tions com­men­çaient tout juste à se re­dres­ser et les pro­fes­sion­nels comp­taient sur les der­nières mi­nutes pour re­trou­ver un ni­veau re­la­ti­ve­ment si­mi­laire à ce­lui de l’an­née der­nière.

Que faire ?

Mal­heu­reu­se­ment rien. La ré­gion va in­évi­ta­ble­ment su­bir les ef­fets de cet acte, no­tam­ment sur la clien­tèle haut de gamme. Il faut juste es­sayer d’avoir une offre de qua­li­té et de ser­vices.

Di­dier Ari­no.

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