Les étran­gers an­nulent leur sé­jour

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - AN­THO­NY HALPERN

En pleine pé­riode es­ti­vale, les gé­rants ou les pro­prié­taires d’hô­tels ni­çois ont fait face, après l’hor­reur vé­cue la veille sur la pro­me­nade des An­glais, à un flux d’ap­pels conti­nu. La plu­part du temps pour an­nu­ler. « On a dé­jà des an­nu­la­tions en masse de­puis hier soir », confir­mait, hier, De­nis Cip­po­lo­ni, pré­sident des hô­te­liers ni­çois et membre de l’Umih, la prin­ci­pale or­ga­ni­sa­tion pa­tro­nale du sec­teur hô­te­lier, sans tou­te­fois don­ner de chiffres glo­baux. Mais quand on ap­pelle les éta­blis­se­ments en di­rect, les chiffres sont par­fois élo­quents. « Nous avons dé­jà une ving­taine d’an­nu­la­tions, sur une ca­pa­ci­té to­tale de 110 chambres. Ce n’est qu’un chiffre pro­vi­soire, les gens n’ar­rêtent pas d’ap­pe­ler », confiait, hier à 11 h 30, le res­pon­sable du ser­vice ré­ser­va­tion de l’hô­tel Ky­riad Nice Port. Constat pire en­core pour Chi­mène Billard, pro­prié­taire de l’Hô­tel Villa La Tour. « Nous avions à mi­di dé­jà 15 dé­sis­te­ments, sur les 17 chambres de l’hô­tel. Ils disent que c’est à cause de l’an­nu­la­tion du fes­ti­val de jazz, mais on sait très bien qu’ils ont sur­tout peur de ve­nir. » La plu­part des désaf­fec­tions concernent des étran­gers ve­nus pro­fi­ter du cadre idyl­lique de la Côte d’Azur. Des an­nu­la­tions com­pen­sées, au moins à court terme, par les mé­dias du monde en­tier. « Les jour­na­listes étran­gers ap­pellent de­puis ce ma­tin pour ef­fec­tuer des ré­ser­va­tions, ce qui per­met de contre­ba­lan­cer les dé­sis­te­ments », ex­plique, as­sez mé­du­sée, So­raya, au ser­vice ré­ser­va­tion de l’hô­tel Mer­cure Nice Mar­ché-aux-Fleurs. Pas de quoi ce­pen­dant le­ver la forte ap­pré­hen­sion liée à la baisse at­ten­due de l’af­fluence tou­ris­tique. « Je suis très pré­oc­cu­pée. On doit bien faire notre chiffre d’af­faires pour payer les fac­tures et les sa­laires », avance Chi­mène Billard. Pour d’autres, il est en­core trop tôt pour pen­ser à l’après. Il faut dé­jà gé­rer l’ur­gence. « Ça n’ar­rête pas de­puis ce ma­tin. Il y a beau­coup de de­mandes en at­tente. Je dois rac­cour­cir cette conver­sa­tion, la prio­ri­té va aux clients », in­dique-t-on à l’hô­tel As­ton la Sca­la. Les pro­chains jours s’an­noncent com­pli­qués pour l’en­semble de l’hô­tel­le­rie ni­çoise.

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