Sé­cu­ri­té maxi­male aux Vieilles Charrues

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Ca­rhaix-Plou­guer (Fi­nis­tère) De notre cor­res­pon­dante NO­RA MO­REAU

LE SO­LEIL EST ASSOMMANT. Pour­tant, il fal­lait prendre son mal en pa­tience, hier, à Ca­rhaix (Fi­nis­tère). En ce deuxième jour des Vieilles Charrues, on n’entre pas comme ça sur le site du plus grand fes­ti­val de France qui fête ses 25 ans et a ob­ser­vé une mi­nute de si­lence en hommage aux vic­times de Nice. Il ac­cueille au to­tal plus de 280 000 per­sonnes jus­qu’à de­main grâce à sa pro­gram­ma­tion gar­gan­tuesque avec, no­tam­ment, Phar­rell Williams, Pol­na­reff, Sou­chon-Voul­zy ou La­na Del Rey.

Vers 16 heures, quand l’évé­ne­ment rouvre ses portes au pu­blic, le contrôle des flux et des vé­hi­cules, à tous les ni­veaux d’ac­cès, s’est net­te­ment res­ser­ré de­puis l’at­ten­tat de Nice. Sur le site, pré­fouilles, fouilles et pal­pa­tions sys­té­ma­tiques se font sans trop bron­cher. « On com­prend bien, sou­pirent Eloïse et Ju­lie, deux étu­diantes ve­nant de pas­ser l’en­trée de l’im­mense cam­ping. La si­tua­tion nous a in­quié­tées, mais ce­la ne nous em­pê­che­ra pas de faire la fête. La preuve ! » Même sen­ti­ment chez Noé­mie, Tho­mas et Ju­liette, 24 ans : « Il faut conti­nuer de vivre. » Et faire la fête, sous haute sur­veillance.

Les se­cours pré­pa­rés au pire

Hier, Jean-Luc Vi­de­laine, pré­fet du Fi­nis­tère, a an­non­cé le ren­for­ce­ment de la sé­cu­ri­té, tant sur le site des Charrues que sur les fêtes ma­ri­times de Brest qui se dé­roulent, pour la pre­mière fois, exac­te­ment en même temps. « Pas un pro­blème », se­lon l’or­ga­ni­sa­tion, la pré­fec­ture et la gen­dar­me­rie et la municipalité de Ca­rhaix. « Nous avons pen­sé et an­ti­ci­pé un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té maxi­male de­puis l es at­ten­tats de no­vembre 2015 », pré­cise le co­lo­nel Ri­chard Pé­gou­rié, com­man­dant du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie du Fi­nis­tère. « Nous avions, dès le dé­but du fes­ti­val, une an­tenne du GIGN sur place, prête à in­ter­ve­nir. Nous avions éga­le­ment pris en compte le risque d’uti­li­sa­tion d’un vé­hi­cule contre la foule comme à Nice. » En­vi­ron 200 gen­darmes gra­vitent au­tour des prin­ci­paux axes du fes­ti­val, un im­mense champ de 40 ha en contre­bas de cette com­mune de 7 000 ha­bi­tants. « Aux es­ca­drons viennent s’ajou­ter plus de 700 agents de sé­cu­ri­té, en­vi­ron 250 se­cou­ristes et 50 mé­de­cins, in­fir­miers, lo­gis­ti­ciens et phar­ma­ciens », ajoute Jé­rôme Tré­ho­rel, di­rec­teur du fes­ti­val.

Du cô­té des se­cours, « on est dé­jà pré­pa­ré au pire » . Pierre- Ma­rie Mauxion est in­fir­mier et co­fon­da­teur d’AGS et de Ge­ro, une ap­pli­ca­tion qui ré­vo­lu­tionne les grandes ma­ni­fes­ta­tions en per­met­tant de géo­lo­ca­li­ser les vé­hi­cules d’in­ter­ven­tion et de suivre et de fi­cher les vic­times. « Je suis dé­jà in­ter­ve­nu sur les at­ten­tats de Char­lie et du Ba­ta­clan… Alors, oui, de­puis Nice, ce genre de scé­na­rio m’est re­ve­nu. » Son col­lègue in­fir­mier, Em­ma­nuel Le­tein­tu­rier, s’ima­gine « un autre scé­na­rio ca­tas­trophe » : « Ici, on est à 500 m d’un hô­pi­tal. Mais si ce genre d’at­ten­tat ve­nait à se pro­duire en pleine cam­pagne, loin de tout, dans une fête de vil­lage, par exemple… nous se­rions im­puis­sants. »

Ca­rhaix-Plou­guer (Fi­nis­tère), hier. Pour at­teindre le site des Vieilles Charrues, le contrôle des per­sonnes et des vé­hi­cules s’est res­ser­ré. Les pré­fouilles, fouilles et pal­pa­tions sont dé­sor­mais sys­té­ma­tiques.

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