« Un at­ten­tat, on y pense même ici »

Pa­trick Cap­poen,

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Caus­sade (Tarn-et-Ga­ronne) De nos en­voyés spé­ciaux ÉRIC BU­REAU

« Il n’était pas ques­tion d’an­nu­ler. On ne va pas se cou­cher de­vant Daech ! » Da­niel Cap­poen a in­ter­rom­pu les dé­fi­lés pour faire ob­ser­ver une mi­nute de si­lence hier après-mi­di et coif­fé le couvre-chef tri­co­lore qu’il avait fait fa­bri­quer après les at­ten­tats du 13 No­vembre. L’or­ga­ni­sa­teur des 24e Es­ti­vales du cha­peau, qui se dé­roulent jus­qu’à de­main à Caus­sade (Tarn-et-Ga­ronne), a sur­tout ren­for­cé avec les gen­darmes et la pré­fec­ture la sé­cu­ri­té de cette fête qui se tient en plein air. Hier soir, pen­dant les concerts celtes qui ont at­ti­ré des cen­taines de spec­ta­teurs, le centre-ville a été in­ter­dit à la cir­cu­la­tion, les rues fer­mées par des bar­rières et sur­veillées par des vi­giles et des forces de l’ordre plus nom­breuses. « Mais un ka­mi­kaze avec un char, on l’ar­rête comment ? s’in­ter­roge, ré­si­gné, Pa­trick Cap­poen. Un fou se­ra peut-être là ce soir. Je suis aus­si res­tau­ra­teur… Un at­ten­tat, on y pense tout le temps, même à Caus­sade, avec 7 000 ha­bi­tants. On a aus­si une po­pu­la­tion fra­gile qui se ra­di­ca­lise. » « On est à l’abri nulle part, abonde Ma­ga­li, une des 160 bé­né­voles de l’association lo­cale à l’ori­gine de cette ma­ni­fes­ta­tion in­ter­na­tio­nale, qui at­tire des fa­bri­cants de cha­peaux ja­po­nais, aus­tra­liens, russes. On y pense, mais on a en­ga­gé tant de frais… » « Je suis sur mes gardes quand il y a du monde, re­con­naît Ani­ta, une Caus­sa­daise. Mais si on ne vient pas à nos propres festivités, qui ira ? » Es­telle, qui a un stand de cha­peaux, ne veut pas cé­der à la py­chose. « Mais c’est flip­pant, re­con­naît-elle. Ils s’at­taquent à cha­cun de nous, jusque chez nous. A Nice, j’avais des amis sur la pro­me­nade des An­glais une de­mi­heure avant le drame… » « On évite dé­sor­mais les grandes foules, comme les fan-zones de l’Euro et les fes­ti­vals, ex­pliquent Va­lé­rie et Eric, en ba­lade avec leurs fils. Ici, nous sommes a prio­ri moins ex­po­sés, mais il y a aus­si moins de sé­cu­ri­té dans les pe­tites villes. »

Caus­sade (Tarn-et-Ga­ronne), hier. Les fes­ti­va­liers sont ve­nus en nombre.

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