Les ré­seaux so­ciaux comme une bou­teille à la mer

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - HÉ­LÈNE DAUSCHY

IL VOU­LAIT sim­ple­ment jouer son rôle de ci­toyen. Du haut de ses 18 ans, Tho­mas Beau­per­tuis es­time qu’il n’avait « rien à perdre » en lan­çant, le len­de­main des évé­ne­ments du 13 no­vembre, le compte Twit­ter @SOSPostAt­tacks, qui ré­per­to­rie les avis de re­cherche de vic­times dis­pa­rues lors d’at­ten­tats. Au­jourd’hui, la page compte plus de 800 abon­nés. « Je ne m’at­ten­dais pas à un nombre aus­si im­por­tant, même si ce n’est pas grand-chose com­pa­ré à d’autres comptes Twit­ter », tem­père le créa­teur de la page.

Cette page, il la gère de ma­nière bien or­ga­ni­sée : « Je re­garde les dis­pa­ri­tions grâce au ha­sh­tag #Re­cher­cheNice, puis je re­prends les mes­sages pour les pos­ter sur ma page, en in­cluant le nom de la per­sonne qui l’a dif­fu­sé. Ce­la per­met d’être mis en contact di­rec­te­ment avec le proche de la vic­time », dé­taille le jeune homme, qui a ré­ac­ti­vé son compte le soir du 14 juillet. « A la base, je pen­sais qu’il n’al­lait ser­vir que pour les at­ten­tats de Pa­ris et de Saint-De­nis. Mais je l’avais gar­dé sous le coude car on sait que la me­nace reste bien pré­sente. »

De­puis l’at­taque de Nice jeu­di, beau­coup de per­sonnes tentent de re­trou­ver leurs proches per­dus dans la pa­nique de ce soir fu­neste, no­tam­ment grâce aux ré­seaux so­ciaux. Ce fut d’ailleurs le cas pour une mère de fa­mille qui a pu re­trou­ver son bé­bé de 8 mois une heure après avoir pos­té sur Fa­ce­book un mes­sage de dé­tresse.

L’es­poir di­mi­nue avec les jours

Mais, pour d’autres, les re­cherches conti­nuent. « On es­père ob­te­nir des in­for­ma­tions, quelles qu’elles soient », sou­haite Lé­na, qui reste sans nou­velles du père de l’une de ses amies. « Nous sa­vions qu’il était à Nice jeu­di soir. Mon amie a im­mé­dia­te­ment ten­té de le joindre sur son por­table, mais ça son­nait dans le vide », dé­taille la jeune fille. Puis la to­na­li­té dis­con­ti­nue du té­lé­phone a lais­sé place à la mes­sa­ge­rie. Signe qu’il n’a plus de bat­te­rie. Comme une bou­teille à la mer, elle a pos­té hier un ul­time mes­sage sur Twit­ter, « mais on n’es­père plus trop », re­con­naît-elle.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.