Une prof et deux ly­céennes manquent à l’ap­pel

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Ber­lin (Al­le­magne) De notre cor­res­pon­dant CH­RIS­TOPHE BOURDOISEAU

POUR FÊ­TER leur réus­site au bac, une tra­di­tion en Al­le­magne, les élèves de dix classes de Ber­lin étaient par­tis avec leurs profs à Nice. Par­mi eux, deux ly­céennes, de 18 et 19 ans, et leur pro­fes­seur d’al­le­mand ont sans doute pé­ri dans l’at­ten­tat du 14 juillet. Of­fi­ciel­le­ment, elles étaient en­core dé­cla­rées dis­pa­rues hier soir. Les trois vic­times sup­po­sées ve­naient toutes de l’éta­blis­se­ment Pau­la Fürst, dans le quar­tier ber­li­nois de Char­lot­ten­burg.

Se­lon le mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion, tous les élèves, mis à part les deux ly­céennes et la pro­fes­seur, étaient de re­tour hier dans la ca­pi­tale. A l’abri des ca­mé­ras, ils ont été ac­cueillis à l’aé­ro­port par leurs fa­milles et par des psy­cho­logues pour les ai­der à gé­rer leur trau­ma­tisme.

Rares sont les té­moins qui ont ac­cep­té de par­ler, comme cette mère de fa­mille de l’école Pau­la Fürst. Pré­ve­nue à 1 heure la nuit de l’at­ten­tat par un voi­sin, elle a ten­té de joindre sa fille toute la nuit. Ap­pa­rem­ment, le ré­seau était en­com­bré. « Nous avons fi­na­le­ment réus­si à com­mu­ni­quer par tex­tos », a ra­con­té Vic­to­ria Bax­ter à la té­lé­vi­sion pu­blique (RBB). « Ma fille de 18 ans a per­du les nerfs. Sa prof a été écra­sée par un ca­mion, m’a-t-elle dit, et tous les élèves s’étaient en­fer­més dans une chambre d’hô­tel où ils pleu­raient sans cesse », pour­suit-elle.

Les écoles al­le­mandes pen­saient le Sud plus sûr

Le quo­ti­dien « Der Ta­gess­pie­gel » rap­porte le té­moi­gnage d’une élève qui a vé­cu l’hor­reur : « Nous étions sur la Pro­me­nade quand il y a eu une pa­nique. Le per­son­nel d’un hô­tel aux abords nous a fait signe de ve­nir nous ré­fu­gier dans l’éta­blis­se­ment. Nous avons pu y dor­mir la nuit car la po­lice ne lais­sait plus sor­tir per­sonne », ra­conte-t-elle.

De­puis no­vembre 2015, les Al­le­mands hé­si­taient à en­voyer leurs en­fants en France. In­go Dob­bert, di­rec­teur de l’Agence CTS Rei­sen spé­cia­li­sée dans les voyages sco­laires, le confirme : « Nous avons une chute des ré­ser­va­tions de 40 % », dit-il. L’at­ten­tat de Nice de­vrait dis­sua­der ceux qui hé­si­taient en­core. Cer­tains éta­blis­se­ments avaient jus­te­ment trou­vé un com­pro­mis en op­tant pour le Sud, qu’ils ima­gi­naient moins ex­po­sé au risque d’at­ten­tats. Les dix classes ber­li­noises avaient ain­si choi­si Nice. En plus, la des­ti­na­tion était bon mar­ché par avion et sur­tout avec des vols di­rects de­puis Ber­lin.

Ber­lin (Al­le­magne), hier. De­vant l’am­bas­sade de France, des membres du Par­le­ment al­le­mand rendent hommage aux vic­times de Nice. Par­mi elles fi­gurent trois de leurs com­pa­triotes.

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