En Is­raël, une vigilance per­ma­nente

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Isa­belle qui vit à Jaf­fa (Is­raël) VA­NES­SA ATTALI

for­més aux ré­flexes de sé­cu­ri­té ?

Ici bien sou­vent, la vie re­prend un cours nor­mal dans la de­mi-heure qui suit un at­ten­tat. Dès la ma­ter­nelle, les en­fants ont droit à des en­traî­ne­ments pour adop­ter les gestes en cas d’at­taque. Cer­tains as­sistent à des cours de self-dé­fense ! « Dès l’âge de 5 ans, ils ap­prennent comment évi­ter un cou­teau ; on leur donne des ins­truc­tions telles qu’ac­cro­cher son sac à dos de­vant plu­tôt que der­rière, re­gar­der bien de­vant soi… Dès tout petit, on leur dit aus­si qu’il ne faut pas lais­ser traî­ner son car­table n’im­porte où, que s’ils voient un sac tout seul, il faut pré­ve­nir un adulte », in­siste My­riam.

Evi­dem­ment, les adultes sont aus­si for­més pour ne pas vivre dans la peur. Ré­gu­liè­re­ment, la po­pu­la­tion est in­for­mée par voie de presse et par SMS de la te­nue d’un exer­cice. Quand la si­rène re­ten­tit, cha­cun sait qu’il doit se rendre cal­me­ment avec des bou­teilles d’eau dans le « mik­lat » de son ap­par­te­ment ou de l’im­meuble. C’est une pièce conçue pour ré­sis­ter aux at­taques. « Evi­dem­ment, quand on en­tend la si­rène, on a tou­jours un peu l’an­goisse, mais on ne s’ar­rête pas pour au­tant de vivre. C’est-à-dire qu’en fonc­tion de la si­tua­tion dans le pays, des ten­sions… on sait qu’il y a des lieux où il faut évi­ter d’al­ler ou de res­ter trop long­temps tels que les mar­chés, les gares et tous les en­droits où il y a beau­coup de monde », té­moigne Isa­belle qui vit à Jaf­fa de­puis presque sept ans. Elle a ap­pris les ré­flexes de non-pa­nique à l’in­ter­nat. Mais aus­si et sur­tout, elle a évi­té de peu à l’at­ten­tat du bus no 5 de la rue Di­zen­goff en oc­tobre 1994 : « Au­jourd’hui, quand je prends le bus, j’ai le ré­flexe de re­gar­der sys­té­ma­ti­que­ment la tête des pas­sa­gers, de ne ja­mais m’as­seoir au fond car on sait que si un ter­ro­riste entre par la porte ar­rière, il at­taque di­rec­te­ment ceux qui sont au fond. En plus, de là, on ne peut pas s’échap­per ! » La vigilance d’Isa­belle est de­ve­nue quo­ti­dienne. Lors­qu’elle va au res­tau­rant ou dans un ca­fé, elle veille à ne ja­mais tour­ner le dos à l’en­trée.

De plus, en Is­raël, à l’en­trée de tous les lieux pu­blics, les sacs sont fouillés : centres com­mer­ciaux, ci­né­mas, bars, dis­co­thèques, salles de spec­tacle, quelques res­tau­rants et sur­tout les gares.

La po­pu­la­tion se plie vo­lon­tiers aux contrôles des pièces d’iden­ti­té. En­fin, quel que soit l’en­droit où l’on se trouve, il y a tou­jours des agents de sé­cu­ri­té, des po­li­ciers, des mi­li­taires ou même des ci­vils qui ont un port d’arme. « On sait qu’il y a tou­jours quel­qu’un qui va ve­nir nous ai­der. Les trois quarts de la po­pu­la­tion ont fait leur ser­vice mi­li­taire », tient à pré­ci­ser My­riam. Et de conclure : « C’est pour ce­la que les ter­ro­ristes sont sou­vent neu­tra­li­sés très vite en Is­raël ».

« On sait qu’il y a des lieux où il faut évi­ter d’al­ler ou de res­ter trop long­temps »

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