La droite sous la pres­sion du FN

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - O.B.

FAL­LAIT-IL OU NON bri­ser la sacro-sainte uni­té na­tio­nale dès ven­dre­di ma­tin ? De­puis qua­rante-huit heures, la ques­tion agite les Ré­pu­bli­cains, au point de di­vi­ser les té­nors. Elle de­vrait même don­ner lieu à une ex­pli­ca­tion de gra­vure lun­di mi­di, à l’oc­ca­sion d’un bu­reau politique ex­tra­or­di­naire. D’Alain Jup­pé à Fran­çois Fillon en pas­sant par Ch­ris­tian Es­tro­si, ils sont plu­sieurs à avoir en­voyé le même mes­sage en dé­non­çant la res­pon­sa­bi­li­té du gou­ver­ne­ment. Et no­tam­ment la fin de l’état d’ur­gence an­non­cée mer­cre­di par Fran­çois Hol­lande, « alors même que la me­nace ter­ro­riste est per­ma­nen- te », fus­tige Eric Ciot­ti, pré­sident du conseil dé­par­te­men­tal des Alpes-Ma­ri­times.

D’autres ont pour­tant pris leurs dis­tances avec ces at­taques. Pas tant sur le fond, mais sur la forme : « Il y a un mo­ment de deuil à res­pec­ter, ne se­rait-ce que vis-à-vis des vic­times et de leurs proches », ex­plique l’en­tou­rage de Bru­no Le Maire qui, de fait, ne s’est pas ex­pri­mé de­puis l’at­taque de Nice. « C’est une ques­tion de dé­cence. J’in­vite toute ma fa­mille politique à se taire », tacle de son cô­té le jeune Geof­froy Di­dier. « Il faut être à la hau­teur. La gra­vi­té de ce qui s’est pas­sé exige aus­si du sang-froid, sans se pré­ci­pi­ter », re­prend un proche de Ni­co­las Sar­ko­zy. Le pa­tron des Ré­pu­bli­cains ne s’est d’ailleurs pas en­core so­len­nel­le­ment et pu­bli­que­ment ex­pri­mé. Il le fe­ra ce soir au JT de TF 1.

« Fal­lait-il at­tendre pour s’ex­pli­quer ? Nous ne le pen­sons pas », dé­fend le ca­bi­net de Ch­ris­tian Es­tro­si. « Jup­pé a bien fait de s’ex­pri­mer si tôt et si fort. On ne va quand même pas aban­don­ner le ter­rain à Ma­rine Le Pen ! » s’em­porte la même source.

Car les ba­rons de la droite le sa- vent, le contexte pour­rait en­traî­ner une pous­sée du vote FN dans les pro­chains son­dages. « L’at­ten­tat de Nice va for­cé­ment avoir des consé­quences po­li­tiques. Pas sûr que la droite et la gauche par­viennent à ti­rer leur épingle du jeu », ad­met un ba­ron des Ré­pu­bli­cains. Hier après-mi­di, la can­di­date fron­tiste à l’Ely­sée ne s’est d’ailleurs pas pri­vée de ren­voyer la gauche et la droite à leurs res­pon­sa­bi­li­tés. « Les gou­ver­ne­ments que la France connaît de­puis des dé­cen­nies n’ont eu de cesse de re­fu­ser d’agir, a-t-elle fus­ti­gé lors d’une con­fé­rence de presse. Une telle crise doit nous ame­ner à dire : Hol­lande, Valls, Ca­ze­neuve, Sar­ko­zy et consorts, plus ja­mais ça, plus ja­mais un tel re­non­ce­ment au pou­voir ! »

Re­trans­mise en di­rect sur Fa­ce­book, son in­ter­ven­tion a été sui­vie par plus de 10 000 per­sonnes. « Vu le contexte, on ne va bien sûr pas s’en ré­jouir, mais nous en­re­gis­trons aus­si un boom d’adhé­sions de­puis deux jours », re­lève Jean-Lin La­ca­pelle, se­cré­taire na­tio­nal du FN aux fé­dé­ra­tions.

Le par­ti de Ma­rine Le Pen af­firme en­re­gis­trer un « boom d’adhé­sions » de­puis l’at­ten­tat

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