Ce que pré­pare le gou­ver­ne­ment

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - AVA DJAMSHIDI ET PAU­LINE THÉVENIAUD

HIER MA­TIN, sa­lon Vert de l’Ely­sée : l’heure est grave, la concen­tra­tion maxi­male lors du Conseil de dé­fense pré­si­dé par Fran­çois Hol­lande pour or­ga­ni­ser la ré­ponse sé­cu­ri­taire face à la me­nace ter­ro­riste. Au beau mi­lieu de la réunion, l’in­tui­tion des au­to­ri­tés sur l’ori­gine de l’at­taque de Nice est bru­ta­le­ment confir­mée : le groupe ter­ro­riste Etat is­la­mique re­ven­dique le car­nage. Au­tour du chef de l’Etat, il y a Ma­nuel Valls, Ber­nard Ca­ze­neuve, Jean- Marc Ay­rault, Jean-Yves Le Drian, Jean-Jacques Ur­voas, le chef d’état-ma­jor des ar­mées Pierre de Villiers et les pa­trons des ser­vices de ren­sei­gne­ment. Il faut ar­bi­trer.

Un point les ta­raude : « Comment fait-on pour res­ter dans un ni­veau de mo­bi­li­sa­tion très éle­vé et re­mé­dier à la fa­tigue des forces de l’ordre ? » Voi­là l’une des épi­neuses ques­tions qu’il faut ré­soudre. « On va être obli­gés de faire ren­trer des sol­dats qui étaient en opé­ra­tion ex­té­rieure ou en re­pos. Ce sont des dé­ci­sions dif­fi­ciles à prendre », confie un par­ti­ci­pant. L’Euro de foot ter­mi­né, l’opé­ra­tion Sen­ti­nelle, forte de 10 000 sol­dats, de­vait pas­ser à 7 000 hommes. Mais après l’at­ten­tat de Nice, le nombre de mi­li­taires se­ra main­te­nu à 10 000. « Cer­tains ne vont pas avoir de per­mis­sion du tout, on va de­voir chan­ger les rythmes des ro­ta­tions », pré­cise un haut gra­dé. Hier soir, fait ra­ris­sime, le mi­nistre de l’In­té­rieur a ap­pe­lé « tous les ci­toyens pa­triotes qui le sou­haitent » à re­joindre la ré­serve opé­ra­tion­nelle.

La France compte par ailleurs de­man­der à ses al­liés de lui prê­ter main-forte sur le ter­rain, au Sa­hel no­tam­ment, pour dé­ga­ger une par- tie des sol­dats de l’opé­ra­tion Bar­khane. Autre su­jet abor­dé à l’Ely­sée : le ren­for­ce­ment de l’ac­tion tri­co­lore en Irak. Le mi­nistre de la Dé­fense, JeanYves Le Drian, doit se rendre la se­maine pro­chaine à Wa­shing­ton pour pré­sen­ter les pro­po­si­tions de la France. Pa­ris est dis­po­sé à ac­cé­lé­rer le ca­len­drier et à en­ga­ger la ba­taille de Mos­soul, ca­pi­tale au­to­pro­cla­mée de l’Etat is­la­mique.

L’ob­jec­tif est aus­si d’or­ga­ni­ser la mo­bi­li­sa­tion du gou­ver­ne­ment, réuni au com­plet hier ma­tin dans le sa­lon Mu­rat de l’Ely­sée. Car le couple exé­cu­tif veut mar­quer sa « vo­lon­té d’as­so­cier l’en­semble du gou­ver­ne­ment aux dé­ci­sions ». Une réunion ex­cep­tion­nel­le­ment longue : deux heures et trente mi­nutes, dans une am­biance « très lourde, mais aus­si très vo­lon­taire ». Au pro­gramme : ana­lyse de la si­tua­tion, salve contre la droite et longue dis­cus­sion de fond sur le vivre-en­semble. « Co­hé­sion so­ciale, ce­la a été le mot clé de l’in­ter­ven­tion du pré­sident », rap­porte une source. En clair : si le vo­let sé­cu­ri­taire est es­sen­tiel, il faut éga­le­ment ap­por­ter une ré­ponse édu­ca­tive, so­ciale, ci­toyenne. « Des en­fants ont été tou­chés, il y a aus­si un be­soin d’ex­pli­ca­tion de la pé­riode que nous vi­vons au­près des jeunes », note-t-on.

Le mi­nis­tère de la Ville planche dé­jà sur de nou­velles me­sures, des­ti­nées à fa­vo­ri­ser la mo­bi­li­sa­tion de la so­cié­té ci­vile, l’en­ga­ge­ment et la dif­fu­sion des va­leurs ré­pu­bli­caines. Et ce, alors que le pro­jet de loi Ega­li­té et Ci­toyen­ne­té, por­té par Pa­trick Kan­ner, vient d’être adop­té en pre­mière lecture à l’As­sem­blée. « Il y a une vo­lon­té de dire que les me­sures ont été prises », ex­plique un con­seiller du pou­voir. Hier, « grave et so­len­nel », Fran­çois Hol­lande avait à coeur de le mar­te­ler, dans le huis clos du sa­lon Mu­rat : « Ce gou­ver­ne­ment fait bien son tra­vail. »

La ré­ponse se­ra aus­si édu­ca­tive, so­ciale et ci­toyenne

@AvaD­jam­shi­di @Pau­li­ne_Th

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