Etat d’ur­gence : les doutes des élus

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Da­vid Cor­mand, se­cré­taire na­tio­nal Eu­rope-Eco­lo­gie-les Verts MAR­TINE CHE­VA­LET

CE MER­CRE­DI à l’As­sem­blée, puis jeu­di au Sé­nat, une qua­trième pro­lon­ga­tion de l’état d’ur­gence se­ra sou­mise aux par­le­men­taires pour une du­rée de trois mois. Si elle est vo­tée, ce qui est hau­te­ment pro­bable, mal­gré les cri­tiques qui se font jour sur tous les bancs sur son ef­fi­ca­ci­té, la France au­ra connu une an­née qua­si com­plète sous ce sta­tut d’ex­cep­tion dé­cré­té le 14 no­vembre 2015, au len­de­main des at­ten­tats de Pa­ris et de Saint-De­nis.

A droite, Ni­co­las Sar­ko­zy a dé­jà ap­prou­vé l’idée de cette ral­longe, mal­gré les sé­rieux doutes bran­dis par ses amis. Il réuni­ra les députés et sé­na­teurs LR mar­di ma­tin au siège du par­ti pour ar­rê­ter une po­si­tion com- mune. « Je vo­te­rai pour la pro­lon­ga­tion, même si glo­ba­le­ment l’état d’ur­gence a un bi­lan mi­ti­gé et peu d’ef­fi­ca­ci­té à long terme. C’est un vote faute de mieux, puisque le gou­ver­ne­ment a ba­layé nos pro­po­si­tions », ex­plique le dé­pu­té LR Georges Fe­nech, qui ne déses­père pas de faire adop­ter cette fois des amen­de­ments, no­tam­ment sur l’al­lon­ge­ment de la du­rée des as­si­gna­tions à ré­si­dence.

Une dis­ci­pline de vote que ne s’ap­pli­que­ra pas Jean-Fré­dé­ric Pois­son, pré­sident du Par­ti ch­ré­tien-dé­mo- crate, as­so­cié à LR. Pour le dé­pu­té des Yvelines, l’état d’ur­gence au­rait dû être sus­pen­du dès fé­vrier. « En deux mois d’ap­pli­ca­tion, nous avons consta­té une baisse d’ef­fi­ca­ci­té. Sa force ré­side dans sa briè­ve­té et son ca­rac­tère sou­dain. Pas­sé l’ef­fet de sur­prise, les sur­veillés s e r é or ga­nisent. Donc ima­gi­nez au bout de huit mois ! A ma connais­sance, il n’y a plus ac­tuel­le­ment qu’une tren­taine d’as­si­gnés à ré­si­dence et plus de per­qui­si­tions. On touche aux li­mites de la politique de l’émo­tion. »

Chez les députés PS, une très large ma­jo­ri­té se pro­non­ce­ra pour cette pro­ro­ga­tion, y com­pris dans les rangs des fron­deurs. « Nous sommes co­or­don­nés sur le re­jet de la politique de Valls, mais pas sur les ques­tions de so­cié­té où cha­cun est libre », in­dique Laurent Bau­mel. Au sein d’Eu­rope Eco­lo­gie-les Verts, dont huit députés comme Cé­cile Du­flot s’étaient op­po­sés à la pro­ro­ga­tion en fé­vrier, la consigne res­te­ra de vo­ter non. « On au­ra eu un an d’état d’ur­gence et, hé­las, ce­la n’au­ra pas per­mis d’em­pê­cher le drame de Nice… » re­grette le se­cré­taire na­tio­nal Da­vid Cor­mand, in­quiet pour les li­ber­tés pu­bliques.

« On au­ra eu un an d’état d’ur­gence et, hé­las, ce­la n’au­ra pas per­mis d’em­pê­cher le drame de Nice… »

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