L’ap­pli of­fi­cielle alerte at­ten­tat veut sur­mon­ter son bug

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - ARIANE RIOU

DES « ME­SURES CORRECTRICES » doivent être prises dès de­main. Après le couac de l’ap­pli­ca­tion SAIP — le sys­tème d’alerte et d’in­for­ma­tion des po­pu­la­tions lan­cé par le gou­ver­ne­ment avant le dé­but de l’Euro — le 14 juillet à Nice, le mi­nis­tère de l’In­té­rieur avait « in­vi­té » De­ve­ry­ware, le dé­ve­lop­peur de cette ap­pli­ca­tion, à « rendre compte des dys­fonc­tion­ne­ments consta­tés » lors d’une réunion de crise, Place Beau­vau, ven­dre­di après­mi­di. « Un plan d’ac­tion a été de­man­dé dans un dé­lai très bref pour qu’un tel in­ci­dent ne puisse se re­pro­duire », argue le mi­nis­tère.

Le soir du 14 juillet, lorsque l’at­taque a dé­bu­té sur la pro­me­nade des An­glais, les uti­li­sa­teurs de l’ap­pli­ca­tion n’ont re­çu les pre­mières alertes au plus tôt qu’à… 1 h 34 du ma­tin, soit plus de deux heures après le dé­but de l’at­ten­tat. « Je l’ai té­lé­char­gée le soir même parce que je vou­lais sa­voir ce qui se pas­sait, ra­conte Na­than, 15 ans, qui était chez lui à une di­zaine de ki­lo­mètres du lieu de l’at­ten­tat. Mon ap­pli­ca­tion a in­di­qué au­cun in­ci­dent en cours jus­qu’à 3 heures du ma­tin. » De quoi fâ­cher le mi­nis­tère de l’In­té- rieur. « Nous étions dans l’in­com­pré­hen­sion la plus to­tale », gronde un porte-pa­role.

Se­lon lui, le dys­fonc­tion­ne­ment se­rait lié à « une faille tech­nique ». « Il y a eu un pro­blème de ser­veur qui est hé­ber­gé par notre pres­ta­taire (NDLR : in­joi­gnable hier), ex­plique le mi­nis­tère. Le pré­fet des Alpes-Ma­ri­times avait été très ré­ac­tif et avait en­voyé l’alerte dès la sur­ve­nance des faits. » Mais le mes­sage, trans­mis en­suite au Co­gic, le Centre opé­ra­tion­nel de ges­tion in­ter­mi­nis­té­rielle des crises, cen­sé le pu­blier sur le ser­veur, n’est pas par­ti tout de suite.

Conçue à la suite des at­ten­tats de jan­vier et no­vembre 2015, l’ap­pli­ca­tion SAIP a vo­ca­tion à in­ter­ve­nir en « com­plé­ment », et « sans s’y sub­sti­tuer », de l’en­semble des moyens dé­ployés par l’Etat : les « porte-pa­role de l’Etat dans les grands mé­dias au­dio­vi­suels » ou « les comptes des ré­seaux so­ciaux des au­to­ri­tés na­tio­nales et lo­cales », pré­cise le mi­nis­tère. Si l’ap­pli­ca­tion gou­ver­ne­men­tale a failli le soir de l’at­ten­tat de Nice, ce n’est pas le cas des ré­seaux so­ciaux. Ra­pi­de­ment, comme pour le 13 No­vembre, l’ou­til Sa­fe­ty Check, qui per­met de pré­ve­nir ses amis qu’on est en sé­cu­ri­té, a été dé­clen­ché sur Fa­ce­book. Sur Twit­ter, plu­sieurs ré­seaux ci­toyens, à l’ins­tar de Qwi­dam ou Vi­sov, une association de vo­lon­taires nu­mé­riques, ont re­layé l’in­for­ma­tion dans les mi­nutes qui ont sui­vi l’at­ten­tat. « Le mes­sage doit être vi­ral pour qu’il cir­cule. Tout le monde est com­plé­men­taire et l’ap­pli­ca­tion, qui est une grosse avan­cée, doit conti­nuer d’exis­ter », re­ven­dique Lu­do­vic Lux, le pré­sident de Vi­sov. Ce de­vrait être le cas puisque le mi­nis­tère de l’In­té­rieur « de­meure convain­cu » de sa « per­ti­nence ». Pour l’ins­tant, plus de 500 000 per­sonnes l’ont d’ailleurs té­lé­char­gée. Mais cette dé­faillance pour­rait-elle avoir un im­pact ? Na­than, lui, a dé­jà sup­pri­mé l’ap­pli­ca­tion de son té­lé­phone. « Je ne pense pas qu’elle me don­ne­ra des in­for­ma­tions utiles », lâche l’uti­li­sa­teur.

500 000 per­sonnes l’ont dé­jà té­lé­char­gée

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