A Brest, les Fêtes ma­ri­times ont peur de l’eau

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Brest (Fi­nis­tère) De notre cor­res­pon­dante NO­RA MO­REAU

MAL­GRÉ L’AT­TEN­TAT qui a frap­pé Nice, les quais du port de Brest ne désem­plissent pas. L’édi­tion 2016 des Fêtes ma­ri­times, qui se dé­roulent tous les quatre ans et ras­semblent 750 000 spec­ta­teurs et près de 1 200 ba­teaux, sur cinq jours, a été do­tée d’un dis­po­si­tif de sé­cu­ri­té maxi­mal. Hor­mis quelques na­vettes et les ri­ve­rains, per­sonne ne peut cir­cu­ler aux abords de la fête ; on est for­cé de ga­rer sa voi­ture très loin des en­trées. Dans les nom­breux cou­loirs me­nant au site, les vi­si­teurs su­bissent d’abord une pré­fouille, sont pas­sés par deux fois au ma­gné­to­mètre (ou­til qui dé­tecte les masses mé­tal­liques), puis voient leurs sacs et leurs poches pas­sés au crible.

Sur les lieux, outre les 3 000 bé­né­voles ré­qui­si­tion­nés par l’or­ga­ni­sa­tion gé­né­rale, sont dis­per­sées en­vi­ron 400 per­sonnes spé­cia­li­sées dans la sé­cu­ri­té, dont 120 agents is­sus de so­cié­tés pri­vées. Cinq postes de se­cours ras­sem­blant nombre de ma­rins-pom­piers, maîtres na­geurs, sau­ve­teurs en mer, se­cou­ristes (Croix-Rouge, Ordre de Malte) et pro­fes­sion­nels de la santé sont à dis­po­si­tion.

Du cô­té des au­to­ri­tés, en­vi­ron 200 po­li­ciers sont mo­bi­li­sés chaque jour, éga­le­ment pour la pa­trouille et la sur­veillance. « Nous avons 25 % d’ef­fec­tifs sup­plé­men- taires par rap­port à 2012, mais ce n’est pas lié à Nice », a pré­ci­sé, hier, le sous-pré­fet du Fi­nis­tère, Yvan Bou­chier. « Au fi­nal, nous n’avons pas eu be­soin de faire évo­luer le dis­po­si­tif. Nous nous sommes conten­tés de re­don­ner l’en­semble des consignes. » Cette opé­ra­tion de grande am­pleur a né­ces­si­té six mois de tra­vail et ras­semble, tous les ma­tins, 60 pro­fes­sion­nels de la sé­cu­ri­té et de la sû­re­té. « Nous avions dé­jà en­vi­sa­gé les scé­na­rios les plus divers et pris en compte les risques d’at­taques ter­ro­ristes, que ce soit par la terre ou par la mer », a sou­li­gné le sous-pré­fet.

Le tra­fic ma­ri­time sur­veillé à la ju­melle par une vi­gie

Le site couvre une grande par­tie du port de com­merce, du port de plai­sance ins­tal­lé en bas du châ­teau, mais ouvre aus­si au pu­blic une vaste zone mi­li­taire, d’or­di­naire in­ac­ces­sible aux ci­vils.

« Je pense qu’ils font bien de prendre au­tant de me­sures dans ce contexte, sou­ligne Ju­lie, 34 ans, spectatrice ve­nue de La Ro­chelle. Même si l’on n’est pas trop in­quiets sur les ac­cès à terre. Après, la grande in­con­nue pour­rait plu­tôt ve­nir de la mer ». Soit l’éven­tua­li­té d’une at­taque ve­nue du large.

Sur ce point, l’or­ga­ni­sa­tion a mis en place un gros dis­po­si­tif de sur­veillance du plan d’eau (38 em­bar­ca­tions dont huit Zo­diac). Les moyens dé­ployés par la ma­rine, qui doivent de­meu­rer sous scel­lés, sont « im­por­tants », se­lon la sous­pré­fec­ture et la pré­fec­ture ma­ri­time. Les ba­teaux sont fouillés, es­tam­pillés une fois dans le vert. Tout le tra­fic ma­ri­time est sur­veillé à la ju­melle par une vi­gie. « L’autre jour, un na­vire a re­fu­sé de s’ar­rê­ter et a for­cé son en­trée dans le gou­let, ra­conte le sous-pré­fet. En moins d’une mi­nute, les fu­si­liers ma­rins l’ont in­ter­cep­té. »

Pour Re­né Cal­loc’h, res­pon­sable du pôle sû­re­té, sé­cu­ri­té se­cours, « de­puis Nice, on in­cite sur­tout à plus de vigilance. C’est le maître mot. Il s’agit d’ou­vrir les yeux et faire re­mon­ter l’in­for­ma­tion au plus vite, au moindre in­ci­dent ».

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