Une mi­nute de si­lence au concert de Gil­mour

Aujourd'hui en France - - NICE 14 JUILLET - Do­mi­nique, un vé­té­ran des concerts MI­CHEL VA­LEN­TIN

21 H 40. Le si­lence le plus com­plet se fait en­tendre dans le parc du châ­teau de Chan­tilly (Oise), qui at­tend l’ar­ri­vée de l’ex-Pink Floyd Da­vid Gil­mour. Une voix fé­mi­nine vient de de­man­der une mi­nute de si­lence en mé­moire des vic­times de Nice. Il n’y a plus au­cun bruit par­mi les 24 000 per­sonnes pré­sentes puis tout le monde ap­plau­dit. Et le concert com­mence, le spec­tacle conti­nue. Au bout d’une de­mi-heure, au mi­lieu d’un concert ma­gique, mé­lan­geant ex­traits de son der­nier al­bum so­lo et clas­siques de Pink Floyd, Da­vid Gil­mour s’ex­cuse, en fran­çais, du re­tard « mais il fal­lait un peu de sé­cu­ri­té. Vous sa­vez pour­quoi... »

Car avant ce­la, il a fal­lu pié­ti­ner plus d’une heure dans la file d’at­tente de­vant le parc du châ­teau sous les der­niers feux du so­leil brû­lant ! « On est ar­ri­vés à 14 heures de la Somme. On est par­tis se ba­la­der. Si on avait su, on se­rait res­tés de­vant la grille », peste Anne, ve­nue en fa­mille.

« De­puis les évé­ne­ments de Nice, la sé­cu­ri­té a été énor­mé­ment ren­for­cée », ex­plique un vi­gile, mo­bi­li­sé pour lais­ser pas­ser une femme en­ceinte qui se sent mal, puis une autre en fau­teuil rou­lant. Sou­dain ar­rivent trois gen­darmes équi­pés de gi­lets pare-balles et lour­de­ment ar­més. Clai­re­ment, aux abords du concert, on ne lé­sine pas avec la sé­cu­ri­té, quitte à faire des mé­con­tents chez les spec­ta­teurs. Ou pas. Car cha­cun a bien conscience que l’évé­ne­ment, qui af­fiche com­plet avec près de 24 000 spec­ta­teurs, ne peut se conten­ter des me­sures ha­bi­tuelles. « On n’a vu au­cun uni­forme avant d’ar­ri­ver, sauf dans le centre-ville, pour em­pê­cher les gens de se ga­rer n’im­porte où, ra­conte Thier­ry, un sur­vi­vant du Ba­ta­clan, dé­sor­mais très sen­sible aux ques­tions de sé­cu­ri­té. J’étais en train de me dire qu’on met­tait le pa­quet à Pa­ris mais pas en pro­vince, jus­qu’à ce que je voie qu’on de­vait pas­ser deux bar­rages, être fouillé, et voir des

« Je n’avais pas vu un ba­zar pa­reil de­puis 1973 »

po­li­ciers et des chiens pa­trouiller dans la foule. »

Même son de cloche chez Do­mi­nique, un vé­té­ran des concerts, qui ar­bore un su­perbe tee­shirt Gra­te­ful Dead. « Je n’avais pas vu un ba­zar pa­reil de­puis le fes­ti­val de Wat­kins Glen, aux Etats-Unis en 1973 (NDLR : qui a long­temps dé­te­nu le re­cord du plus gros concert de tous les temps). Mais c’est pour la bonne cause. Tout le monde a en­vie que ça se passe bien. Par contre, vu le monde qui at­ten­dait, ils au­raient peut-être pu ou­vrir les portes plus tôt. »

Chan­tilly (OIse), hier soir. 24 000 spec­ta­teurs se sont dé­pla­cés pour ce concert de l’ex-Pink Floyd.

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