Une ar­mée cou­tu­mière des coups d’Etat

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - AVA DJAMSHIDI ET CA­MILLE MORDELET

C’est l’une des forces les mieux en­traî­nées au monde. L’ar­mée turque compte 510 000 mi­li­taires ac­tifs, ce qui en fait la deuxième de l’Otan en termes d’ef­fec­tifs, der­rière l’ar­mée amé­ri­caine. Par le pas­sé, les sol­dats turcs ont été en­core plus nom­breux : ils étaient plus de 800 000 en 1985 ! Les ten­sions au sein de cette puis­sante ins­ti­tu­tion à l’égard du pou­voir sont gra­vées dans l’his­toire du pays. En un de­mi-siècle, la Tur­quie a connu pas moins de quatre coups d’Etat mi­li­taires : en 1960, 1971 et 1997, mais sur­tout en 1980, où le gou­ver­ne­ment fut chas­sé par un conseil de six gé­né­raux. Les mi­li­taires ré­pres­sifs res­te­ront trois ans au pou­voir, vio­lant mas­si­ve­ment les droits de l’homme. « L’ar­mée turque est as­sez glo­ba­le­ment ké­ma­liste et laï­carde », pré­cise tou­te­fois un connais­seur du dos­sier. De nom­breux gra­dés sont res­tés fi­dèles à la ligne au­to­ri­taire et laïque de Mus­ta­fa Ke­mal Atatürk, le « père » de la Ré­pu­blique turque. De­puis l’ar­ri­vée au pou­voir de l’is­la­mo-conser­va­teur Re­cep Tayyip Er­do­gan, la hié­rar­chie mi­li­taire a été pur­gée plu­sieurs fois. « Les ten­sions vis-à-vis d’Er­do­gan, qui pousse à l’is­la­mi­sa­tion de son pays, sont as­sez fortes », pour­suit le même. Or le dis­cours des put­schistes ven­dre­di soir tra­hit plu­tôt une obé­dience ké­ma­liste. Au­to­pro­cla­mé « Conseil de la paix dans le pays », ce groupe de mi­li­taires re­belles a ain­si ci­té dans son com­mu­ni­qué le père de la Tur­quie mo­derne.

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