« Nous avons pen­sé à un at­ten­tat, pas à un coup d’Etat »

Aj­da,

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - CHARLES SA­PIN

« Tout s’est dé­rou­lé en deux heures, on n’a rien com­pris. J’étais chez des amis, dans le quar­tier de Ma­mak, à An­ka­ra. Vers 10 h 30, on a en­ten­du des avions de chasse très proches de nous. Ils vo­laient juste au­des­sus de nos têtes. A la fe­nêtre, on pou­vait voir leurs lu­mières verte et rouge. Puis c’est une ex­plo­sion au loin qui nous a fait sur­sau­ter », ra­conte Aj­da, étu­diante fran­co­turque en sciences po­li­tiques. « Nous avons tout de suite pen­sé à un at­ten­tat de l’Etat is­la­mique. Quand nous avons ap­pris qu’il s’agis­sait d’un coup d’Etat, j’ai vou­lu ren­trer au plus vite chez moi, avant qu’ils ne ferment les rues. Je me rap­pelle des mains, toutes trem­blantes, de la pré­sen­ta­trice, lors­qu’elle li­sait le com­mu­ni­qué des re­belles. Ils ve­naient de prendre le contrôle de la chaîne. Sur le che­min du re­tour, j’ai vu un dé­fi­lé d’am­bu­lances et des per­sonnes, dra­peaux turcs à la main, prêts à en dé­coudre avec les re­belles. Quand j’ai en­ten­du le mes­sage du pré­sident, je me suis dit qu’il était fou. Qu’il vou­lait une guerre ci­vile à ap­pe­ler tout le monde à des­cendre dans la rue. Les imams des mos­quées ont re­layé son ap­pel toute la nuit. En­fin ar­ri­vée chez moi, je me suis cou­chée vers 2 h 30 du ma­tin. J’ai été brus­que­ment ré­veillée par un bom­bar­de­ment tout proche. Les re­belles ve­naient de lan­cer une fu­sée sur le Par­le­ment. Au­cun dé­pu­té n’a été tou­ché, le but était clai­re­ment de faire peur. Pour ma part, ça a mar­ché. J’y fai­sais un stage la se­maine der­nière ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.